Deux mois et demi après leur précédente offensive d’envergure, les groupes armés poursuivent leur montée en puissance au Mali. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé, ce week-end, une nouvelle série d’attaques coordonnées du nord au sud du pays, relançant les inquiétudes sur la dégradation de la situation sécuritaire.
Anéfis, nouvel épicentre des combats
Selon plusieurs médias, dont Afrik.com, les affrontements les plus violents se sont concentrés à Anéfis, une localité stratégique située sur l’axe menant à Kidal.
À la mi-journée de dimanche, les combats se poursuivaient et la ville restait sous le contrôle des combattants du FLA. Des militaires maliens capturés lors des affrontements y étaient retenus prisonniers, tandis que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par les combattants russes d’Africa Corps, demeuraient retranchées dans leur camp militaire.
Des hélicoptères de l’armée ont été mobilisés pour évacuer des blessés et acheminer du ravitaillement, sans toutefois pouvoir atterrir en raison de l’insécurité qui régnait autour de la base militaire.
Une position stratégique pour le nord du Mali
Pour Le Monde Afrique, la perte d’Anéfis constituerait un revers majeur pour la junte dirigée par le général Assimi Goïta.
La localité représente un verrou stratégique permettant de relier Kidal aux villes de Gao et Tombouctou. Plusieurs observateurs estiment que si les rebelles consolident leur contrôle sur Anéfis, Gao pourrait devenir leur prochaine cible.
« Si la prise d’Anéfis se confirme, Gao sera en danger », estime un spécialiste de la région cité par le quotidien.
Bamako assure avoir repoussé les attaques
De son côté, la presse proche des autorités maliennes relaie la version officielle de la junte.
Le journal Sahel Tribune affirme que les Forces armées maliennes et leurs alliés d’Africa Corps ont repoussé l’ensemble des attaques menées par des « groupes armés terroristes appuyés par des sponsors étatiques étrangers ».
Selon cette source, 26 combattants auraient été neutralisés et les opérations terrestres et aériennes se poursuivraient dans plusieurs zones.
Des accusations contre des soutiens étrangers
Le quotidien L’Aube, réputé proche des autorités de transition, évoque une « internationalisation du conflit ».
Le journal affirme que les groupes armés bénéficieraient du soutien de combattants étrangers, notamment algériens, de membres du Front Polisario, d’anciens combattants des conflits syrien et afghan ainsi que d’instructeurs ukrainiens. Il accuse également des « légionnaires français » de participer à la coordination de certaines opérations.
À ce stade, ces accusations n’ont pas été étayées par des preuves publiques et n’ont pas été confirmées par des sources indépendantes.
Une impasse sécuritaire
Pour le média guinéen Ledjely, cette nouvelle offensive illustre la dégradation continue de la situation sécuritaire au Mali depuis plusieurs mois.
Le site estime que le pouvoir de Bamako reste confronté à un double défi : contenir la progression des groupes armés tout en répondant aux causes profondes de l’instabilité.
Selon cette analyse, seule une réforme en profondeur de la gouvernance, de la justice locale et de la gestion des ressources naturelles pourrait permettre d’enrayer durablement les violences. Faute de telles réformes, le pays risque, selon le média, de rester enlisé dans une impasse sécuritaire et politique.
