La ville de Tombouctou traverse une crise humanitaire préoccupante. Depuis mardi, les habitants vivent sans eau courante ni électricité, alors que les températures dépassent les 40 °C. Cette situation résulte de la pénurie de carburant provoquée par l’embargo imposé par les jihadistes du JNIM, aggravant les conditions de vie de milliers de civils.

Une ville privée d’eau et d’électricité

Depuis mardi, Tombouctou fait face à une interruption totale de ses services essentiels.

La centrale thermique de la ville est complètement à l’arrêt. En conséquence, les installations de la société publique Énergie du Mali (EDM) et celles de la Somagep, chargée de la distribution d’eau potable, ne fonctionnent plus.

« Il fait plus de 40 degrés et nous sommes sans eau ni électricité depuis mardi », témoigne un habitant, visiblement exaspéré.

Les forages pris d’assaut

Face à cette situation, les habitants se tournent vers les rares forages disponibles.

Ces ouvrages, réalisés pour la plupart par des organisations non gouvernementales, attirent quotidiennement de longues files d’attente.

Les femmes patientent parfois plusieurs heures avant de remplir leurs seaux. Elles parcourent ensuite de longues distances pour ramener l’eau jusqu’à leur domicile.

Selon plusieurs habitants, cette épreuve aggrave la souffrance des familles.

Un notable de la ville dénonce également une dégradation inquiétante des conditions d’hygiène.

En revanche, l’hôpital de Tombouctou poursuit ses activités grâce à des panneaux solaires et à des groupes électrogènes.

L’embargo du JNIM au cœur de la crise

Les habitants interrogés attribuent unanimement cette situation à la pénurie de carburant.

Selon eux, cette crise découle directement de l’embargo imposé en septembre dernier par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.

Depuis près d’un mois, les stations-service de Tombouctou ne disposent plus de carburant.

Jusqu’à récemment, les commerçants s’approvisionnaient encore sur le marché noir, notamment en provenance d’Algérie.

Cependant, plusieurs d’entre eux ont cessé ces déplacements.

Ils redoutent désormais les frappes de drones menées par l’armée malienne.

Le prix du carburant explose

La raréfaction du carburant entraîne une flambée spectaculaire des prix.

Sur le marché parallèle, le litre d’essence se négocie désormais entre 2 500 et 3 000 FCFA.

À titre de comparaison, le prix officiel reste fixé à 875 FCFA le litre.

Cette hausse complique davantage le quotidien des populations.

De nombreux habitants affirment qu’ils se déplacent désormais uniquement à pied.

Ils décrivent une population épuisée, découragée et confrontée à des conditions de vie de plus en plus difficiles.

Les autorités annoncent une distribution d’eau

Face à l’urgence, la délégation spéciale de la commune urbaine de Tombouctou a annoncé une première mesure.

Dans un communiqué publié jeudi 25 juin, elle indique qu’une campagne exceptionnelle de distribution d’eau potable débutera vendredi.

Cette opération sera menée en partenariat avec la Protection civile.

Les autorités espèrent ainsi atténuer les difficultés rencontrées par les habitants et assurer un accès minimal à l’eau potable, en attendant une amélioration durable de la situation.

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