Le dessinateur marocain Yasser Mounbir a écopé de quatre ans de prison ferme et d’une amende de 40 000 dirhams pour des caricatures du roi Mohammed VI publiées sur Instagram. Alors que son avocat annonce un appel, plusieurs organisations de défense des droits humains et des personnalités dénoncent une condamnation disproportionnée et une atteinte à la liberté d’expression.
Des caricatures du roi au cœur des poursuites judiciaires
Sur son compte Instagram, suivi par près de 10 000 abonnés, Yasser Mounbir avait publié plusieurs caricatures du roi Mohammed VI. Dans ses dessins, le jeune artiste représentait notamment le souverain déguisé, travesti ou encore sous les traits d’un animal. Les autorités marocaines ont considéré ces illustrations comme offensantes.
À la suite de ces publications, les autorités ont arrêté le dessinateur en juin 2026 avant de le placer en détention provisoire.
Vendredi dernier, le tribunal a rendu son verdict : quatre ans de prison ferme et une amende de 40 000 dirhams, soit environ 3 600 euros. La justice l’a reconnu coupable d’insulte au roi et à des agents publics.
Toutefois, son avocat, Maître Farouk, a annoncé dimanche son intention de faire appel de cette décision. Par ailleurs, l’article 179 du Code pénal marocain prévoit une peine de six mois à deux ans de prison pour l’offense au souverain.
Une condamnation jugée disproportionnée par les défenseurs des droits humains
Cette décision suscite de vives réactions au sein des organisations de défense des libertés. L’Association marocaine des droits humains réclame notamment la libération de Yasser Mounbir au nom de la liberté d’expression.
En outre, une pétition lancée durant l’été pour obtenir sa libération a recueilli plusieurs centaines de signatures. Parmi les signataires figurent des journalistes, des intellectuels et des personnalités de l’opposition marocaine.
Pour ces derniers, le procès du dessinateur illustre le durcissement de la répression contre les voix contestataires dans le royaume. Ils dénoncent particulièrement le recours à des poursuites pour « outrage envers un corps constitué » afin de limiter les expressions critiques.
Les avocats dénoncent une atteinte à la liberté de création
De leur côté, les avocats de Yasser Mounbir, Farouk Mehdaoui et Soujar Sara, ont vivement contesté la sévérité de la condamnation. Contactés par RFI, ils ont dénoncé une sanction disproportionnée ainsi qu’une grave atteinte à la liberté de création artistique.
Selon la défense, les autorités ne devraient pas condamner un artiste à une peine d’emprisonnement simplement parce que ses œuvres dérangent, choquent ou sont perçues comme offensantes.
Ainsi, cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression et les limites imposées à la création artistique au Maroc.
