La Mauritanie veut faciliter les échanges commerciaux avec le Sénégal. Les autorités mauritaniennes ont interdit aux services de sécurité et aux administrations de percevoir des redevances auprès des passagers du bac de Rosso. Entrée en vigueur immédiatement, cette mesure soulage particulièrement les commerçants sénégalais, qui dénonçaient depuis plusieurs mois des taxes dont ils contestaient la base légale.

La Mauritanie met fin aux taxes sur le bac

Les autorités mauritaniennes ont décidé de supprimer les redevances appliquées aux passagers du bac de Rosso, qui relie les deux rives du fleuve Sénégal entre la Mauritanie et le Sénégal.

Selon une source citée par Sahara Médias, une circulaire officielle publiée le 4 septembre a ordonné l’application immédiate de cette mesure. Désormais, les services de sécurité et les administrations ne peuvent plus réclamer ces taxes aux voyageurs qui empruntent le bac.

Les autorités mauritaniennes cherchent ainsi à fluidifier le transport transfrontalier et à faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays.

Les commerçants sénégalais poussent un soupir de soulagement

Cette décision réjouit particulièrement les commerçants sénégalais qui fréquentent régulièrement Rosso pour s’approvisionner en marchandises.

Saly Sow, vendeuse de tissus à Mbour, près de Dakar, utilise le bac depuis près de dix ans pour se rendre en Mauritanie. Elle décrit les difficultés auxquelles les commerçants faisaient face avant la suppression de ces taxes.

« Le voyage à Rosso était toujours difficile pour nous les commerçants », témoigne-t-elle. Selon elle, les montants réclamés variaient d’un passage à l’autre. Certains agents demandaient 200 francs CFA, d’autres 500 francs CFA. Les commerçants devaient également s’acquitter de nouvelles sommes à leur retour.

Au total, Saly Sow estime que les taxes pouvaient représenter entre 15 000 et 30 000 francs CFA, selon la quantité de marchandises transportées.

Une première traversée sans taxe

La mesure a rapidement produit ses premiers effets. Mariam Thiam, elle aussi vendeuse de tissus, a pu constater sa mise en application lors d’un récent déplacement à Rosso.

« Hier, j’étais à Rosso. À l’aller comme au retour, je n’ai pas payé de taxe », raconte-t-elle. La commerçante affirme qu’elle ignorait même l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure.

Après avoir constaté que d’autres commerçants traversaient eux aussi sans payer, elle a compris que les autorités avaient effectivement mis fin à ces prélèvements.

Aucune mesure similaire annoncée au Sénégal

D’après une source contactée par RFI, la décision mauritanienne concerne l’ensemble des passagers du bac de Rosso, et pas uniquement les commerçants.

Pour l’heure, toutefois, le Sénégal n’a annoncé aucune mesure équivalente sur sa rive du fleuve. La suppression des taxes côté mauritanien constitue donc une avancée pour les usagers, mais les commerçants attendent encore de voir si Dakar prendra, à son tour, des dispositions similaires pour faciliter davantage la circulation entre les deux pays.

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