Samedi 14 décembre, le gouvernement italien a officiellement octroyé la nationalité italienne au président argentin Javier Milei, actuellement en visite à Rome. Bien que cette naturalisation repose sur ses origines italiennes, la rapidité inhabituelle de la procédure a provoqué une vive controverse, notamment à gauche. Cette décision reflète également la proximité politique croissante entre Milei, ultralibéral et populiste, et la Première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni.

Une relation politique renforcée entre Rome et Buenos Aires
Javier Milei se trouve à Rome pour rencontrer Giorgia Meloni et participer à un événement organisé par son parti, Fratelli d’Italia. Ce rapprochement politique entre les deux dirigeants s’est traduit par un soutien explicite de Meloni à l’accélération de la naturalisation de Milei et de sa sœur Katerina, également sa principale conseillère. Tous deux ont pu bénéficier de la loi italienne de 1992, basée sur le droit du sang, en raison de leurs grands-parents nés en Calabre.

Selon la correspondante à Rome, Anne Le Nir, leurs dossiers ont été traités en urgence, ce qui a suscité des critiques virulentes de l’opposition.

Des critiques sur une procédure jugée inégalitaire
Les partis de centre gauche ont vivement dénoncé ce traitement préférentiel, soulignant que de nombreux descendants d’Italiens vivant à l’étranger attendent souvent des années pour obtenir la nationalité. Riccardo Magi, député du parti Europa, a qualifié cette décision de « discrimination intolérable », la jugeant insultante pour les jeunes issus de l’immigration, qui peinent à obtenir la citoyenneté italienne.

En Italie, les enfants nés de parents étrangers sur le territoire doivent attendre l’âge de 18 ans pour pouvoir demander la nationalité, tandis que les étrangers résidant en Italie doivent patienter dix ans avant d’être éligibles à la naturalisation.

Une réforme bloquée par la coalition Meloni
Les partis de gauche et des organisations de défense des droits humains, comme Oxfam, plaident pour une réduction de cette période de résidence de dix à cinq ans, afin d’harmoniser les règles italiennes avec celles de pays comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Cependant, la coalition de Giorgia Meloni reste fermement opposée à tout assouplissement des critères.

L’affaire Milei relance le débat sur les inégalités face à l’accès à la citoyenneté en Italie, où les lois actuelles sont parmi les plus restrictives d’Europe.

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