Une nouvelle attaque jihadiste a visé jeudi l’aéroport international de Niamey et la base militaire voisine. Le bilan provisoire fait état de treize morts, dont onze soldats. Revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), cette offensive intervient six mois après une précédente attaque menée contre la même infrastructure.
Une attaque meurtrière à l’entrée de l’aéroport
Les forces de sécurité nigériennes ont repoussé jeudi une attaque visant l’aéroport international de Niamey. Selon le ministère de la Défense, le bilan provisoire s’élève à onze soldats et deux civils tués. Quatre autres personnes ont été blessées.
D’après les autorités, les assaillants, équipés de ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare. Les premiers échanges de tirs ont éclaté vers 6 heures du matin au niveau d’un poste de contrôle situé sur la route menant à l’aéroport.
Selon une source aéroportuaire, les assaillants sont arrivés à bord de taxis avant d’être confrontés aux forces de défense et de sécurité.
Le JNIM revendique l’opération
Peu après l’attaque, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a revendiqué une « attaque suicide » contre l’aéroport de la capitale nigérienne.
Le ministère de la Défense affirme que les forces de sécurité ont neutralisé 22 assaillants. En outre, une vingtaine de suspects ont été interpellés au cours des opérations menées après l’attaque.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les tirs ont duré près de deux heures avant un retour progressif au calme.
Des opérations de ratissage dans les quartiers voisins
Après l’assaut, plusieurs assaillants se sont dispersés dans les quartiers environnants. Les forces de sécurité ont alors lancé de vastes opérations de ratissage.
Selon des sources aéroportuaires, certains assaillants ont été abattus tandis que d’autres ont été capturés avec l’appui de la population.
Par ailleurs, le ministère de la Défense assure que la situation est désormais sous contrôle. Il précise que l’aéroport reste ouvert au trafic aérien malgré les perturbations enregistrées dans la journée.
Toutefois, le site spécialisé Flightradar a signalé plusieurs retards et déroutements de vols à destination de Niamey.
Niamey accuse une nouvelle fois la France
Comme lors de l’attaque du 29 janvier dernier, les autorités nigériennes ont mis en cause la France.
Dans son communiqué, le ministère de la Défense a qualifié les assaillants de « mercenaires armés à la solde de la France d’Emmanuel Macron ».
Depuis son arrivée au pouvoir après le coup d’État d’août 2023, la junte accuse régulièrement Paris de soutenir des groupes armés afin de déstabiliser le pays. La France rejette fermement ces accusations.
Une attaque qui ravive les inquiétudes sécuritaires
Cette nouvelle offensive survient moins de six mois après l’attaque menée contre le même aéroport par l’État islamique au Sahel. Cette opération avait causé plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
L’aéroport de Niamey constitue une infrastructure stratégique pour le pays. Entre décembre et janvier, il avait notamment servi de point de stockage pour une importante cargaison de concentré d’uranium en attente d’exportation.
À la suite de l’attaque de janvier, le général Abdourahamane Tiani avait reconnu l’existence d’une faille dans le dispositif sécuritaire. Ces dernières semaines, les autorités avaient d’ailleurs renforcé les mesures de sécurité autour du site.
Des réactions internationales
L’attaque a suscité plusieurs réactions à l’étranger. L’Union européenne a condamné l’assaut tandis que la Commission de l’Union africaine a présenté ses condoléances aux familles des victimes.
De son côté, le Bénin a exprimé sa solidarité avec le peuple nigérien.
Malgré les changements d’alliances militaires opérés par les autorités de Niamey, le Niger continue de faire face à une menace jihadiste persistante. Comme au Burkina Faso et au Mali voisins, les groupes armés poursuivent leurs attaques contre les forces de sécurité et les infrastructures stratégiques.

