La République démocratique du Congo figure désormais parmi les cinq pays comptant le plus de déplacés internes au monde, selon un récent rapport des Nations unies, qui alerte sur une dégradation continue de la situation humanitaire.

Une crise des déplacements en forte progression

D’après les données compilées par le Centre régional pour l’Europe occidentale des Nations unies, la RDC occupe la 5ᵉ place mondiale en nombre de déplacés, derrière le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine.

Actuellement, le pays compte plus de 6,4 millions de personnes déplacées, principalement dans l’est, où l’insécurité persiste dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Si les violences se poursuivent au rythme actuel, ce chiffre pourrait atteindre 9 millions d’ici la fin de l’année 2026, prévient le Haut-Commissariat pour les réfugiés.

Une insécurité alimentaire alarmante

Cette instabilité a des conséquences directes sur les conditions de vie des populations. Ainsi, un Congolais sur quatre se trouve en situation d’insuffisance alimentaire, tandis que plus de 6 millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë.

Selon les Nations unies, ces indicateurs restent inchangés depuis près de deux décennies, illustrant la persistance de la crise.

Des indicateurs sanitaires préoccupants

Par ailleurs, la situation sanitaire demeure extrêmement préoccupante. Le rapport indique que quatre femmes meurent chaque heure des suites de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

Le pays affiche également l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde, confirmant l’ampleur des défis dans le secteur de la santé.

Une aide humanitaire insuffisante

Face à ces besoins croissants, les Nations unies dénoncent un sous-financement chronique de l’aide humanitaire. Pour 2026, les acteurs humanitaires estiment les besoins à 1,4 milliard de dollars. Cette enveloppe ne permettrait d’aider que 7 millions de personnes, alors que près de 15 millions de Congolais ont besoin d’une assistance.

Une mission onusienne en action

Dans ce contexte, le nouveau chef de la mission des Nations unies en RDC (Monusco) se trouve actuellement à Goma, une ville stratégique de l’est du pays contrôlée depuis plus d’un an par le groupe armé AFC-M23, soutenu par le Rwanda.

Cette visite s’inscrit dans le cadre des efforts visant à consolider le cessez-le-feu et à tenter de stabiliser une région toujours en proie à de fortes tensions.

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