Malgré les avancées diplomatiques saluées par Washington début juin, le processus de désengagement entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) peine à se concrétiser. Sanctions américaines, accusations croisées et appels de la communauté internationale illustrent les difficultés à appliquer les engagements pris par les deux parties.

Washington juge les progrès insuffisants

Le 3 juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a reconnu des avancées du côté rwandais. Il a toutefois estimé que les progrès restaient trop lents et a exprimé l’espoir de voir les troupes rwandaises se retirer du territoire congolais d’ici la mi-juillet.

Trois semaines plus tard, lors d’une rencontre à Londres, les autorités rwandaises ont présenté un état des lieux du processus de désengagement de leurs forces ainsi que de la levée de leurs mesures qualifiées de « défensives ».

Les États-Unis accentuent la pression

Cependant, dès le lendemain de cette réunion, Washington a franchi une nouvelle étape en sanctionnant la société Gasabo Gold ainsi que plusieurs entreprises rwandaises. Les autorités américaines les accusent d’alimenter le trafic de minerais issus des zones contrôlées par l’AFC/M23.

Puis, le 26 juin, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’émissaire américain Massad Boulos a déclaré que le Rwanda n’avait pas encore retiré ses forces de la RDC. Il a également reproché à Kinshasa de ne pas avoir engagé la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Kigali et Kinshasa se renvoient la responsabilité

Interrogé par RFI, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a défendu la position de son pays. Il a rappelé que les engagements conclus sont réciproques et a accusé la médiation américaine de manquer d’impartialité.

De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a soutenu que cinq des six zones où sont présents les FDLR se trouvent sous le contrôle du Rwanda et du M23.

La France appelle au respect des engagements

Le 13 juillet, la France a, à son tour, exhorté le Rwanda à procéder au retrait effectif de ses forces du territoire congolais lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité. Paris a également appelé les autorités congolaises à neutraliser les FDLR, conformément aux engagements pris.

À ce stade, le processus de mise en œuvre du cessez-le-feu demeure au point mort. Kigali et Kinshasa continuent de se rejeter mutuellement la responsabilité des retards, tandis que la première mission du mécanisme de vérification, attendue par les États-Unis, n’a toujours pas été annoncée.

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