L’Assemblée nationale n’a finalement pas examiné sur le fond, ce lundi, les projets de loi portant Code du travail et Code de la sécurité sociale. À la demande du président de la Commission des lois, Abdoulaye Tall, les deux textes ont été renvoyés en commission pour une étude complémentaire avant leur retour en séance plénière.
Les débats reportés à une date ultérieure
Les députés devaient se prononcer ce lundi sur les projets de loi n°15/2026 portant Code du travail et n°16/2026 portant Code de la sécurité sociale.
Toutefois, les discussions de fond n’ont pas eu lieu. Le président de la Commission des lois, Abdoulaye Tall, a invoqué les dispositions du règlement intérieur afin de demander le renvoi des textes en commission.
Cette requête, prévue par les règles parlementaires, a été validée par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Une réforme destinée à moderniser le droit social
Ces projets de loi s’inscrivent dans une vaste réforme du droit social sénégalais.
Les autorités estiment que le Code du travail en vigueur depuis 1997 ne répond plus pleinement aux mutations du marché de l’emploi ni aux engagements internationaux du Sénégal.
L’objectif affiché consiste donc à adapter la législation aux nouvelles réalités économiques et professionnelles.
Télétravail et dématérialisation au cœur des innovations
Parmi les principales mesures prévues figure l’introduction du télétravail dans le cadre légal sénégalais.
Le projet prévoit également la dématérialisation de plusieurs procédures administratives et de gestion des ressources humaines.
Par ailleurs, les pouvoirs de l’administration du travail seraient renforcés, tout comme les sanctions applicables en cas de violation de la réglementation.
La réforme envisage aussi la suppression de l’obligation de conciliation préalable devant les tribunaux du travail.
Une protection renforcée des travailleurs
Le texte accorde une place importante à la protection des salariés.
Il introduit notamment de nouvelles garanties contre les violences et le harcèlement en milieu professionnel.
Les dispositions relatives à la maternité, à la protection de l’enfance et à l’inclusion des personnes en situation de handicap sont également renforcées.
De plus, les normes de santé et de sécurité au travail font l’objet d’une actualisation afin de mieux répondre aux exigences actuelles.
De nouvelles règles pour les contrats de travail
Sur le plan contractuel, la réforme prévoit la création du contrat de travail occasionnel en remplacement du contrat journalier.
Elle assouplit également certaines conditions de renouvellement des contrats à durée déterminée (CDD).
Le projet introduit en outre un encadrement plus strict de la mobilité internationale de la main-d’œuvre.
Dialogue social et formation professionnelle renforcés
La réforme entend aussi promouvoir la formation professionnelle et lutter contre le travail illégal.
Elle prévoit des mécanismes de protection pour les travailleurs placés en chômage technique ainsi que la création d’un plan social comme alternative au licenciement économique.
Enfin, le texte renforce le dialogue social à travers une révision des règles de création des syndicats, la réintroduction de l’arbitrage et la reconnaissance de la médiation comme outil de règlement des conflits collectifs.
Une réforme toujours au centre des débats
Le renvoi des textes en commission intervient dans un contexte de fortes contestations syndicales.
Plusieurs organisations de travailleurs réclament davantage de concertation avant l’adoption définitive de ces réformes, qu’elles jugent déterminantes pour l’avenir du monde du travail au Sénégal.

