Le Forum Civil, branche sénégalaise de Transparency International, exprime ses inquiétudes face aux tensions suscitées par le processus de révision constitutionnelle engagé par les autorités. L’organisation de la société civile redoute que les divergences politiques autour de ce chantier ne débouchent sur un blocage des institutions et une crise institutionnelle majeure.

Une alerte sur les conséquences du débat constitutionnel

Le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, a lancé une mise en garde contre les risques liés au processus de révision constitutionnelle en cours.

Selon les informations relayées par la presse, l’organisation craint que les désaccords politiques autour de la réforme de la Constitution ne fragilisent le fonctionnement normal des institutions.

Pour le Forum Civil, l’enjeu dépasse désormais le cadre du débat juridique et politique pour toucher à la stabilité institutionnelle du pays.

La publication d’avant-projets relance les tensions

Cette prise de position intervient après le communiqué publié le 27 avril 2026 par la Présidence de la République annonçant la finalisation de quatre avant-projets de révision constitutionnelle.

Même si le contenu détaillé de ces textes n’a pas été immédiatement rendu public, l’annonce a rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique.

Plusieurs acteurs ont exprimé leurs réserves sur la méthode et les objectifs poursuivis par cette réforme.

L’APR réclame un référendum

Le 15 juin dernier, le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République a demandé que toute modification de la Constitution soit soumise au vote populaire à travers un référendum.

Le parti a dénoncé ce qu’il considère comme une « dérive institutionnelle » et a critiqué la priorité accordée à ces réformes dans un contexte marqué par des difficultés économiques et sociales.

Selon l’APR, les autorités devraient concentrer leurs efforts sur les préoccupations immédiates des populations.

Des inquiétudes sur les équilibres institutionnels

Le débat a également alimenté les réflexions de plusieurs observateurs de la vie publique.

Le 20 juin, Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, a mis en garde contre les risques démocratiques liés aux relations tendues entre l’exécutif et le Parlement.

Selon lui, ces tensions pourraient affecter le bon fonctionnement des institutions si elles venaient à s’aggraver.

La présidentielle de 2029 en toile de fond

Ces préoccupations rejoignent celles exprimées quelques jours plus tôt par Abdou Fall dans une lettre ouverte publiée le 13 juin.

Il y décrivait une coexistence difficile entre deux centres de pouvoir, une situation qu’il estime influencée par les enjeux politiques liés à l’élection présidentielle de 2029.

Pour plusieurs observateurs, les débats actuels autour de la révision constitutionnelle s’inscrivent ainsi dans un contexte politique marqué par des rivalités de plus en plus visibles au sommet de l’État.

Un appel à préserver la stabilité institutionnelle

À travers cette alerte, le Forum Civil invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue et la concertation afin d’éviter une polarisation excessive du débat constitutionnel.

L’organisation estime que la préservation de la stabilité institutionnelle et du fonctionnement harmonieux des pouvoirs publics doit demeurer une priorité dans la conduite des réformes envisagées.

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