Le directeur général de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, et son frère Thierno Niang ont retiré leur plainte pour diffamation contre six responsables syndicaux de la chaîne publique, à la suite d’un règlement à l’amiable. Toutefois, cet apaisement sur le plan judiciaire contraste avec une décision administrative visant Alioune Badara Kane, rédacteur en chef de l’Actualité internationale et syndicaliste, récemment démis de ses fonctions.
Un accord à l’amiable met fin aux poursuites judiciaires
Le conflit opposant la direction de la RTS à plusieurs responsables syndicaux connaît un premier dénouement sur le terrain judiciaire. Selon Les Échos, Pape Alé Niang et son frère Thierno Niang ont décidé de retirer leur plainte pour diffamation contre six responsables syndicaux de la chaîne publique, à la suite d’un règlement à l’amiable.
Cette décision met ainsi un terme à la procédure engagée contre plusieurs figures syndicales, notamment Youssouf Kaba, secrétaire général du Synpics maison, El Hadji Thierno Dramé, Habibou Mbaye et Mama Moussa Niang, du Synpap.
Par conséquent, la deuxième chambre correctionnelle du tribunal de Dakar a pris acte du désistement des plaignants ce jeudi et constaté l’extinction de l’action publique.
Alioune Badara Kane démis de ses fonctions
Cependant, cette décrispation judiciaire ne semble pas avoir dissipé les tensions au sein de la RTS. En effet, Les Échos rapporte que Pape Alé Niang a démis Alioune Badara Kane de ses fonctions de rédacteur en chef de l’Actualité internationale la semaine précédente. Le directeur général l’aurait également rétrogradé au rang de simple agent.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des tensions entre la direction de la chaîne publique et les représentants syndicaux. Le cumul des responsabilités journalistiques et syndicales d’Alioune Badara Kane donne ainsi une dimension supplémentaire à cette mesure administrative.
Le journaliste dénonce une volonté de le faire taire
Face à cette décision, Alioune Badara Kane dénonce ce qu’il considère comme une tentative de museler sa voix. Dans une réaction virulente rapportée par Les Échos, il qualifie Pape Alé Niang d’« apprenti-dictateur ».
En outre, le journaliste affirme que cette sanction ne l’empêchera ni de défendre ses collègues ni de poursuivre ses prises de position. Il assure également qu’il continuera à dénoncer les « nombreuses carences » qu’il attribue à la direction de la RTS.
Ainsi, alors que le retrait de la plainte laisse entrevoir une accalmie sur le plan judiciaire, la sanction visant Alioune Badara Kane témoigne de la persistance des tensions internes. L’évolution de cette situation pourrait donc continuer d’alimenter les relations déjà conflictuelles entre la direction de la RTS et certains représentants du personnel.
