Au Rwanda, la question des tenues féminines suscite un vif débat sur les réseaux sociaux. Depuis le week-end, de nombreuses jeunes femmes dénoncent leur refoulement du concert de la star tanzanienne Diamond Platnumz à la BK Arena de Kigali, en raison de vêtements jugés « trop dénudés ». Elles accusent notamment les forces de l’ordre d’avoir exercé des pressions et réclament le respect de leurs choix vestimentaires.

Des spectatrices refoulées à l’entrée

Le débat a pris de l’ampleur après le concert de Diamond Platnumz à la BK Arena, l’une des principales salles de spectacles de Kigali. Plusieurs jeunes Rwandaises affirment que les agents chargés de la sécurité leur ont refusé l’accès à l’événement en raison de leur tenue.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages se sont multipliés. Une internaute affirme notamment : « La police menace de violences les femmes si elles ne rentrent pas se rhabiller. »

Une autre témoigne également du contrôle exercé à l’entrée. Elle affirme que les agents ont demandé à deux jeunes femmes de couvrir leurs épaules et leur ventre. Une photo accompagnant son message montre l’une d’elles dissimulant ses bras et son haut à l’aide d’un large foulard.

Ces témoignages ont rapidement alimenté la polémique et relancé les interrogations sur les limites que les autorités peuvent imposer aux choix vestimentaires dans l’espace public.

La police avait déjà annoncé une surveillance accrue

Cette controverse intervient alors que les autorités rwandaises avaient déjà lancé un débat sur les comportements considérés comme « indécents ».

Quelques semaines avant le concert, le porte-parole de la police avait annoncé, lors d’une conférence de presse, que les forces de l’ordre comptaient renforcer leur surveillance dans les bars et sur les réseaux sociaux afin de lutter contre certains comportements publics jugés « indécents ».

Dans ce contexte, les incidents rapportés lors du concert ont ravivé les inquiétudes de nombreuses jeunes Rwandaises. Sur les réseaux sociaux, celles-ci dénoncent désormais ce qu’elles considèrent comme une volonté de contrôler leur apparence et leurs choix vestimentaires.

La ministre de la Jeunesse appelle au débat

Face à la polémique, la ministre rwandaise de la Jeunesse, Sandrine Umutoni, a réagi à travers un message publié dans le cadre du débat.

La ministre rappelle que les discussions sur les normes vestimentaires ne peuvent pas justifier des comportements abusifs. Selon elle, personne ne doit être « humilié, menacé ou maltraité » en raison de sa tenue.

Toutefois, Sandrine Umutoni invite également les jeunes à s’interroger sur leurs choix vestimentaires et sur la place accordée à la sexualisation des corps féminins dans la mode.

Elle estime par ailleurs que la modernité ne doit pas nécessairement conduire à l’effacement des références culturelles rwandaises.

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