La course au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) franchit une nouvelle étape le 16 octobre 2026, avec un vote indicatif du Conseil de sécurité. Pour l’ancien président sénégalais Macky Sall, ce scrutin représente un test majeur dans une compétition marquée par la rivalité entre plusieurs candidats, les réserves politiques et diplomatiques et les positions stratégiques des grandes puissances.
Un nouveau vote pour départager les candidats
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit organiser, ce 16 octobre, un nouveau vote indicatif afin d’évaluer les chances des différents prétendants au poste de secrétaire général. Cette étape permettra notamment de mieux cerner les rapports de force entre les candidats et les membres de l’organe chargé de recommander le prochain chef de l’organisation.
Le scrutin intervient alors que plusieurs personnalités restent en lice et qu’aucune candidature ne semble encore recueillir un consensus suffisant. Selon les résultats du cinquième vote indicatif, organisé le 7 octobre, Rebeca Grynspan, Rafael Grossi et Carolyn Rodrigues Birkett figurent parmi les candidats ayant obtenu des soutiens significatifs.
Rebeca Grynspan, candidate du Costa Rica, a recueilli neuf voix d’encouragement contre six voix de découragement. De son côté, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a obtenu six voix favorables, sept défavorables et deux sans opinion. Quant à Carolyn Rodrigues Birkett, candidate du Guyana, elle a enregistré cinq voix d’encouragement.
Dans ce contexte concurrentiel, Macky Sall doit également convaincre les membres du Conseil de sécurité de soutenir sa candidature.
Macky Sall confronté à des réserves politiques et diplomatiques
Lors du scrutin du 7 octobre, l’ancien président sénégalais a obtenu cinq voix d’encouragement. Ce résultat souligne les difficultés auxquelles il fait face dans une course où les soutiens politiques et les équilibres diplomatiques jouent un rôle déterminant.
En effet, son bilan à la tête du Sénégal suscite des critiques, notamment au sujet des violences survenues lors des manifestations organisées sous son régime. Au Sénégal comme à l’étranger, des organisations et des militants dénoncent la répression de ces mobilisations. Ces contestations alimentent les réserves exprimées à l’égard de sa candidature à la tête de l’ONU.
Par ailleurs, Macky Sall ne bénéficie pas d’un soutien unanime sur le continent africain. Le Burundi a initialement proposé sa candidature, mais cette initiative a provoqué des divergences au sein des instances de l’Union africaine.
De plus, la présence d’autres prétendants africains, dont l’Ougandais Olara Otunnu, contribue à disperser les soutiens régionaux. Ainsi, l’ancien chef de l’État sénégalais doit relever un double défi : consolider ses appuis diplomatiques et convaincre les membres du Conseil de sécurité qui expriment des réserves à son égard.
Les cinq membres permanents au centre des enjeux
Le vote du 16 octobre revêt une importance particulière en raison du rôle des cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni.
Contrairement aux scrutins précédents, le vote indicatif utilise des bulletins de couleurs distinctes pour ces cinq puissances et pour les dix membres élus. Ce dispositif permet de mieux identifier les positions des membres permanents, dont l’accord demeure essentiel dans le processus de sélection.
En pratique, un vote de découragement exprimé par l’un de ces cinq pays peut signaler un risque de veto lors d’une étape ultérieure. Toutefois, ce vote indicatif ne constitue pas, à lui seul, un veto formel.
Par conséquent, les résultats de ce nouveau scrutin permettront aux observateurs de mieux apprécier les chances des candidats, sans pour autant déterminer définitivement l’issue de la compétition.
Une décision finale qui dépend du Conseil de sécurité
La désignation du prochain secrétaire général de l’ONU obéit à une procédure en deux étapes. D’abord, le Conseil de sécurité doit recommander un candidat à l’Assemblée générale. Ensuite, cette dernière procède à sa nomination.
Dans ce cadre, les votes indicatifs permettent aux membres du Conseil de sécurité d’évaluer les candidatures et de mesurer les possibilités d’accord avant la décision formelle.
Pour Macky Sall, le scrutin du 16 octobre constitue donc une échéance importante. Ses résultats devraient éclairer davantage sa position dans la course, alors que les réserves politiques, les divisions diplomatiques et les intérêts des grandes puissances continuent de peser sur le processus.
Reste à savoir si l’ancien président sénégalais parviendra à renforcer ses soutiens et à surmonter les obstacles qui fragilisent sa candidature. À ce stade, l’issue de la compétition demeure incertaine.
