Après avoir conclu un accord sur un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars, le Sénégal doit désormais mettre en œuvre plusieurs réformes attendues par le Fonds monétaire international (FMI). L’institution veut notamment aider Dakar à rétablir la viabilité de ses finances publiques, renforcer la mobilisation des recettes intérieures et améliorer la gouvernance budgétaire, tout en protégeant les ménages les plus vulnérables.

Un programme qui doit faciliter l’accès à d’autres financements

Comme annoncé précédemment, les services du FMI et les autorités sénégalaises ont conclu un accord portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars.

Au-delà du financement du FMI, ce programme doit également faciliter la mobilisation de ressources supplémentaires auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires au développement.

Toutefois, Dakar devra d’abord engager plusieurs réformes pour répondre aux attentes de l’institution de Bretton Woods.

Renforcer les recettes et rationaliser les dépenses

Le FMI place l’assainissement des finances publiques au cœur du nouveau programme. L’institution demande notamment au gouvernement de renforcer la mobilisation des ressources intérieures tout en rationalisant les dépenses publiques.

En parallèle, les autorités devront préserver les mécanismes de protection sociale destinés aux ménages vulnérables. Le Fonds préconise notamment de renforcer les transferts monétaires ciblés afin de mieux orienter l’aide vers les populations qui en ont le plus besoin.

Ainsi, le gouvernement devra trouver un équilibre entre la réduction des déséquilibres budgétaires et la protection des ménages confrontés aux difficultés économiques.

Une nouvelle stratégie fiscale prévue en 2027

Dans le cadre de ses engagements, le Sénégal prévoit d’adopter en 2027 une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme.

Cette stratégie doit permettre à l’État d’accroître ses recettes intérieures et, par conséquent, de dégager davantage de marges de manœuvre pour financer les dépenses prioritaires.

Par ailleurs, le gouvernement entend renforcer la gouvernance budgétaire. Le FMI cite notamment une meilleure gestion de la dette publique, un suivi plus rigoureux des arriérés intérieurs et une supervision accrue des entreprises publiques.

Améliorer l’environnement des affaires

Le programme ne se limite toutefois pas aux finances publiques. Le FMI attend également du Sénégal des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et à favoriser l’inclusion financière.

L’objectif consiste notamment à créer des conditions plus favorables au développement du secteur privé. À terme, ces réformes doivent contribuer à favoriser une croissance davantage portée par les entreprises et l’investissement privé.

Le gouvernement devra donc agir simultanément sur les finances publiques, la gouvernance économique et les conditions d’exercice des entreprises.

Tirer les leçons de l’affaire du « misreporting »

Enfin, le FMI accorde une attention particulière aux problèmes de déclaration erronée des données financières, communément désignés sous le terme de « misreporting ».

L’institution salue la volonté affichée par les autorités sénégalaises de corriger les vulnérabilités révélées par cette affaire. Cependant, elle estime que Dakar doit aller plus loin.

Le Fonds considère que les autorités devront prendre « des actions résolues supplémentaires » pour régler les problèmes liés aux déclarations erronées et renforcer les mécanismes de contrôle.

L’objectif est également d’empêcher que des situations similaires ne se reproduisent à l’avenir.

Un programme conditionné à la mise en œuvre des réformes

En définitive, le nouveau programme du FMI repose sur un ensemble d’engagements destinés à assainir les finances publiques tout en soutenant l’activité économique et la protection sociale.

Pour le Sénégal, l’enjeu consiste désormais à concrétiser ces réformes. Leur mise en œuvre doit non seulement consolider les finances publiques, mais aussi renforcer la confiance des partenaires financiers et créer un environnement plus favorable à l’investissement privé.

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