Le remplacement d’Ousmane Sonko à la Primature continue de provoquer de fortes réactions sur les marchés financiers internationaux et dans les milieux économiques.
Selon plusieurs médias économiques internationaux, dont Reuters et Brussels Morning Newspaper, cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la dette publique du Sénégal et des négociations avec le Fonds monétaire international.
Les marchés inquiets après la découverte d’un « gouffre financier »
Les obligations souveraines sénégalaises auraient enregistré une forte baisse ces derniers jours, les investisseurs craignant une restructuration de la dette après la révélation d’un important déficit financier non déclaré.
Selon plusieurs analystes, le ratio dette/PIB du Sénégal dépasserait désormais les 130 %, un niveau considéré comme particulièrement préoccupant pour les marchés internationaux.
Ahmadou Al Aminou Lo chargé de rassurer les partenaires financiers
Pour tenter de rassurer les bailleurs et relancer les négociations avec le Fonds monétaire international, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé Ahmadou Al Aminou Lo au poste de Premier ministre.
Ancien cadre de la BCEAO, il est présenté comme un technocrate expérimenté capable de renouer le dialogue avec les institutions financières internationales.
Cette nomination intervient alors qu’un programme d’environ 1,8 milliard de dollars du FMI reste gelé.
Les subventions au carburant au cœur des tensions
Selon les analystes de Morgan Stanley et Barclays, le FMI pourrait exiger la réduction ou la suppression des subventions aux carburants avant tout nouvel accord.
Une mesure jugée politiquement très sensible dans un contexte marqué par :
- une inflation persistante ;
- une forte hausse du coût de la vie ;
- des tensions sociales croissantes.
La facture énergétique du Sénégal pourrait dépasser les 2 milliards de dollars en 2026 selon certaines estimations.
Une crise politique qui inquiète les investisseurs
Malgré son départ de la Primature, Ousmane Sonko conserve une influence majeure sur la scène politique grâce au contrôle de l’Assemblée nationale par PASTEF.
Plusieurs analystes estiment ainsi que son éviction pourrait accroître l’incertitude politique et compliquer les réformes économiques attendues par les créanciers internationaux.
Certains experts rappellent également que l’histoire politique du Sénégal a déjà été marquée par des mouvements sociaux liés à l’inflation et aux difficultés économiques.
Diomaye Faye échange avec Kristalina Georgieva
Dans ce contexte, Bassirou Diomaye Faye a récemment rencontré Kristalina Georgieva en marge du sommet Africa Forward.
Selon la présidence sénégalaise, les discussions ont porté sur :
- la situation de la dette publique ;
- les solutions envisagées pour assurer la stabilité financière du pays ;
- les perspectives de reprise du programme avec le FMI.
