Un nouveau front de tensions secoue le secteur du transport urbain à Dakar. Des désaccords persistants autour de la gestion de la billetterie opposent certains membres de l’AFTU à un opérateur économique, faisant planer le spectre d’une grève et d’une immobilisation des bus TATA.
À l’origine du conflit, une décision de justice favorable à Moustapha Ndiaye concernant le contrôle du système de billetterie. Une partie des transporteurs conteste cette décision, estimant qu’elle les empêche d’exploiter leurs propres tickets, dans lesquels des investissements importants ont déjà été réalisés.
Mohamed Ndoye, membre du conseil d’administration de l’AFTU, n’a pas exclu une réaction forte : il évoque clairement la possibilité d’immobiliser les véhicules pour dénoncer ce qu’il considère comme un monopole imposé. De son côté, Khadim Mbacké Dieng, directeur d’exploitation du Captrans, abonde dans le même sens en appelant à une intervention rapide des autorités, faute de quoi un arrêt d’activité pourrait être déclenché.
Cependant, cette ligne dure est loin de faire consensus. D’autres acteurs du secteur, notamment au sein de l’ARTU, dénoncent une démarche jugée illégale et contre-productive. Alioune Sall appelle ainsi l’État à faire respecter la loi et à prévenir toute perturbation majeure du service.
Dans un contexte où des alternatives structurantes comme le BRT Dakar et Dakar Dem Dikk tentent de moderniser la mobilité urbaine, une grève des bus TATA pourrait avoir des conséquences importantes sur les déplacements quotidiens de milliers d’usagers.
Cette crise met en lumière les tensions profondes autour de la régulation du secteur, entre modernisation, intérêts économiques et gouvernance du transport public.
