L’enquête menée par la Brigade de recherches de Keur Massar dans le cadre d’un dossier portant notamment sur des actes contre nature, une transmission volontaire présumée du VIH et une mise en danger de la vie d’autrui a franchi une nouvelle étape. Après leur présentation devant le juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Rufisque, six suspects ont été inculpés puis placés sous mandat de dépôt.

Six inculpations prononcées par le juge d’instruction

La Brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar a déféré six suspects devant le juge d’instruction du premier cabinet près le Tribunal de Grande Instance de Rufisque. Les enquêteurs les poursuivent pour association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH, actes contre nature et mise en danger de la vie d’autrui.

Les personnes concernées sont Ibrahima Sankharé, superviseur à l’UCAD âgé de 51 ans, Cheikh Diagne, technicien de surface de 32 ans, Yankhoba Diakhaté, tapissier de 32 ans, Daour Diouf, chauffeur de 52 ans, Mamadou Barry, ressortissant guinéen et traiteur de 37 ans, ainsi que Cheikh Touré, commerçant âgé de 36 ans.

Selon des sources judiciaires, le doyen des juges, Abdoulaye Ba, les a inculpés avant de les placer sous mandat de dépôt.

Une enquête qui s’inscrit dans un dossier plus vaste

Cette procédure intervient alors que l’enquête liée à l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et consorts » se poursuit. Dans ce cadre, les gendarmes de Keur Massar ont multiplié les investigations et les interpellations après le démantèlement présumé d’un autre réseau à Yenne, dans le département de Rufisque.

Depuis le début du mois de juin, les enquêteurs ont procédé à plusieurs arrestations. Au total, huit personnes ont été interpellées dans le cadre de cette procédure.

Le point de départ : une dénonciation à Yenne

L’affaire a pris forme à Yenne, où Idrissa Camara, vigile domicilié à Yoff et âgé de 31 ans, travaillait dans une résidence.

D’après les éléments de l’enquête, le vigile aurait invité un homme à son domicile pour entretenir une relation intime. Informé de cette proposition, l’entourage de l’intéressé lui aurait conseillé d’accepter le rendez-vous. Les habitants du quartier auraient ensuite alerté les autorités, ce qui a conduit à l’interpellation d’Idrissa Camara.

Après son arrestation, les gendarmes l’ont transféré de la brigade de proximité de Yenne à la Brigade de recherches de Keur Massar afin d’approfondir les investigations.

Lors de son audition, le suspect a reconnu les faits qui lui étaient reprochés et a communiqué aux enquêteurs l’identité de plusieurs partenaires.

Une chaîne d’interpellations déclenchée par les révélations des suspects

À la suite de son défèrement au parquet de Rufisque, le procureur a requis l’ouverture d’une information judiciaire. Le juge d’instruction a alors ordonné son placement en détention avant de délivrer une délégation judiciaire aux enquêteurs de la Brigade de recherches.

Dans le cadre de cette mission, les gendarmes ont d’abord arrêté Abdallah Sagna, présenté comme l’un de ses partenaires. Les investigations ont ensuite conduit les enquêteurs vers Ibrahima Sankharé, identifié aux Parcelles-Assainies.

Selon les éléments du dossier, ce dernier aurait fourni les noms de plusieurs partenaires, parmi lesquels figurent notamment Cheikh Diagne et Yankhoba Diakhaté. À son tour, Cheikh Diagne aurait cité Daour Diouf, Cheikh Touré et Mamadou Barry lors de son audition.

Les enquêteurs ont ensuite localisé et interpellé les différents suspects au fil des investigations.

Des accusations liées à une transmission volontaire présumée du VIH

L’un des éléments les plus sensibles de l’enquête concerne les déclarations d’un suspect dont l’identité n’a pas été révélée.

Selon les procès-verbaux, celui-ci aurait affirmé connaître sa séropositivité depuis 2018. Il aurait également reconnu avoir entretenu plusieurs rapports sexuels non protégés malgré cette connaissance. Ces déclarations ont conduit les enquêteurs à retenir des soupçons de transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d’autrui.

Par ailleurs, les investigations ont établi que trois des personnes interpellées seraient porteuses du VIH, un élément qui figure désormais au cœur de l’information judiciaire en cours.

D’autres arrestations envisagées

À ce stade de la procédure, huit suspects ont été placés en détention dans le cadre de ce dossier.

Toutefois, l’enquête reste ouverte. Les gendarmes poursuivent l’exécution de la délégation judiciaire délivrée par le juge d’instruction du premier cabinet du Tribunal de Grande Instance de Rufisque. De nouvelles interpellations pourraient ainsi intervenir dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’avancement des investigations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *