Face aux députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté une réorientation stratégique de la filière arachidière. Le gouvernement va implanter une nouvelle usine de trituration à Médina Yoro Foula, dans la région de Kolda, pour accompagner le déplacement progressif du bassin de production.

Une nouvelle cartographie agricole assumée

Le gouvernement sénégalais engage une réorganisation en profondeur de son infrastructure agro-industrielle afin de l’adapter aux nouvelles réalités géographiques du pays. À l’occasion de son face-à-face avec les députés, le mardi 24 février, Ousmane Sonko a exposé les axes majeurs de la nouvelle politique agricole nationale.

D’emblée, le chef du gouvernement a insisté sur un tournant stratégique dans la gestion de la filière arachidière. Selon lui, la production nationale connaît un déplacement progressif vers le sud du pays. « Médina Yoro Foula est devenu un très grand bastion de la culture d’arachide. Les gens ne s’en rendent pas compte mais le bassin arachidier est en train de se déplacer », a-t-il déclaré devant la représentation nationale.

Une nouvelle usine implantée à Médina Yoro Foula

Dans ce contexte, l’État a décidé d’implanter une nouvelle usine de trituration de graines d’arachide à Médina Yoro Foula, dans la région de Kolda.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le gouvernement justifie ce choix par la montée en puissance de cette zone dans la production arachidière nationale. Ainsi, cette implantation vise à rapprocher l’outil industriel des principaux pôles de culture et à optimiser la transformation locale.

La SONACOS au cœur du dispositif

Par ailleurs, pour accompagner cette transition, la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) va concentrer ses activités dans le département de Médina Yoro Foula au cours des deux prochains mois.

Cette réorientation s’appuie sur une restructuration financière d’envergure. En effet, le Premier ministre a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA supplémentaires, obtenus avec l’appui de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Dans le détail, l’État a déjà procédé au décaissement de 29 milliards de francs CFA au profit des opérateurs, tandis que 22,9 milliards ont été alloués à la SONACOS afin d’assainir sa situation financière.

Réhabilitation des unités et coordination interministérielle

En outre, l’Exécutif entend repositionner l’entreprise publique au centre du dispositif agricole national. Cette dynamique de relance a permis, en moins d’un an, de réhabiliter et de remettre en activité les unités de transformation de Louga, Ziguinchor et Kaolack, restées à l’arrêt pendant deux ans.

Enfin, pour consolider cette nouvelle orientation, le gouvernement a lancé une concertation interministérielle réunissant les départements de l’Agriculture, du Commerce, des Finances et de l’Économie. Cette coordination doit trancher sur les mécanismes de financement, la gestion du foncier et les modalités d’attribution des subventions, afin de garantir la cohérence et la durabilité de la réforme engagée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *