Lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce mardi, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé son intention d’installer un commissariat de police à l’intérieur du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Cette décision intervient après la mort d’un étudiant, survenue le 9 février, à la suite d’affrontements liés à la crise des bourses.

Le gouvernement assume l’intervention policière

D’emblée, le chef du gouvernement a défendu l’intervention des forces de l’ordre sur le campus. Il assume pleinement cette décision et déclare devant les députés : « Je le referai si c’était à refaire ».

Selon lui, certains étudiants préparaient des actes de sabotage visant la bibliothèque universitaire ainsi que les restaurants du campus social. Toutefois, il reconnaît des manquements dans l’action des unités d’intervention, admettant que des dysfonctionnements ont entaché l’opération.

Dans la foulée, Ousmane Sonko annonce avoir instruit le ministre de l’Intérieur afin qu’il mène une étude approfondie sur la possibilité d’implanter un commissariat au sein même du campus social. Il justifie cette orientation par la nécessité de sécuriser durablement l’espace universitaire.

« Le campus social constitue un quartier à part entière », soutient-il, avant d’insister sur le renforcement du dispositif sécuritaire. Par ailleurs, le gouvernement envisage de déconcentrer certaines infrastructures universitaires. En effet, il estime que la présence de près de 25 000 étudiants dans une même enceinte crée une pression excessive. À ce stade, seules quelques facultés ou amphithéâtres pourraient être concernés par une éventuelle délocalisation.

Les étudiants expriment leurs réserves

Cependant, cette annonce ne fait pas l’unanimité. Du côté des étudiants, plusieurs voix s’élèvent pour exprimer leurs inquiétudes. Cheikh Ngom, membre de la Fédération nationale des étudiants, doute de la possibilité d’une cohabitation sereine entre étudiants et forces de l’ordre.

Il rappelle que les précédentes interventions policières sur le campus social ont souvent entraîné des dégradations. En outre, il invite les autorités à finaliser d’abord les nombreux chantiers universitaires en suspens avant d’envisager l’installation d’un commissariat.

Des mesures complémentaires annoncées

Dans le même temps, le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, annonce un renforcement des équipements de sécurité. Les autorités installeront prochainement des détecteurs de fumée, des bouches d’incendie ainsi que des caméras de surveillance dans les résidences universitaires.

Ainsi, le gouvernement entend conjuguer présence sécuritaire et modernisation des infrastructures. Le campus doit rouvrir partiellement ses portes ce jeudi, dans un climat encore marqué par la tension et l’émotion.

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