Dans la région des Grands Lacs, exercer le métier de journaliste devient de plus en plus dangereux. Dans un rapport alarmant, Reporters sans frontières recense au moins 630 exactions commises contre des reporters entre 2021 et 2026.
Une situation critique en RDC
La République démocratique du Congo apparaît comme l’épicentre de cette crise, concentrant plus de la moitié des arrestations de journalistes dans la zone au cours de la dernière décennie.
Selon le rapport, les professionnels des médias évoluent dans un environnement marqué par l’insécurité, la précarité économique, la désinformation et l’instrumentalisation des lois.
L’est du pays, une « zone de silence »
Dans l’est de la RDC, la situation est encore plus préoccupante. Les journalistes sont pris entre les combats opposant le mouvement rebelle M23 et les forces gouvernementales, les Forces armées de la République démocratique du Congo.
D’après Sadibou Marong, informer de manière indépendante est devenu « quasiment impossible » depuis la chute de Goma début 2025.
Des lois utilisées pour réprimer
Le rapport pointe également un cadre juridique restrictif. Dans plusieurs pays de la région, les autorités criminalisent l’activité journalistique à travers des motifs jugés flous, comme l’atteinte à la sûreté de l’État.
Un appel à protéger les journalistes
Face à cette situation, RSF appelle les États à garantir la sécurité des journalistes, notamment dans les zones de conflit, et à mettre en place des mécanismes de protection indépendants.
L’organisation recommande aussi aux partenaires internationaux de créer des fonds d’urgence pour soutenir les journalistes contraints à l’exil.
Dans un contexte de tensions persistantes, la liberté de la presse apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour la stabilité et la démocratie dans la région.
