La Cour des comptes a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements dans la gestion du matériel agricole subventionné ainsi que dans le partenariat entre le ministère de l’Agriculture et La Banque agricole (LBA). Dans son rapport, l’institution financière dénonce notamment des avantages injustifiés accordés à la banque, un manque de transparence dans le suivi des remboursements et des dépenses effectuées sans justificatifs.
La Cour des comptes critique les avantages accordés à la LBA
Dans son rapport relayé par Le Quotidien, la Cour des comptes pointe du doigt les conventions signées en 2018 puis le 7 juillet 2024 entre le ministère de l’Agriculture et La Banque agricole (LBA).
Ces accords prévoyaient que la banque finance la part non subventionnée du matériel agricole cédé par l’État aux bénéficiaires. Toutefois, les magistrats estiment que la LBA a bénéficié « d’avantages injustifiés » dans le cadre de ces opérations financières.
En effet, la juridiction financière considère que les frais et intérêts appliqués par la banque ne reposent sur aucune justification valable. De plus, elle dénonce l’application d’une pénalité de retard qui ne figurait pas dans les clauses de la convention, ce qui constitue, selon elle, « un avantage indu ».
Un manque de transparence dans la gestion des comptes
Par ailleurs, la Cour des comptes critique la gestion des comptes séquestres ouverts au nom des bénéficiaires. Selon le rapport, la LBA administre directement ces comptes sans qu’aucun mécanisme ne permette de vérifier si la banque a effectivement débloqué l’ensemble des prêts annoncés.
Les enquêteurs soulignent également un important déficit de suivi dans le remboursement des crédits accordés.
Des rapports jamais transmis au ministère
La Cour affirme notamment que la LBA n’a jamais transmis au ministère de l’Agriculture les rapports prévus sur la situation des dossiers financés. Pourtant, ces documents devaient permettre aux autorités de suivre l’évolution des remboursements et des recouvrements.
Dans le même temps, la Direction de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) est également mise en cause. Les magistrats lui reprochent l’absence de dispositif efficace de suivi et de comptabilisation des paiements liés au matériel agricole subventionné.
Plus de 1,6 milliard FCFA immobilisés
Le rapport révèle aussi qu’un montant supérieur à 1,6 milliard FCFA demeurait immobilisé dans un compte-relais logé à la LBA au 1er septembre 2025.
En outre, la Cour des comptes indique que plus de 2,1 milliards FCFA de dépenses ont été exécutés entre 2022 et 2025 sans justificatifs transmis aux enquêteurs. Elle relève également plusieurs commandes passées en dehors des procédures prévues par le Code des marchés publics.
La Cour recommande une révision du partenariat
Face à ces nombreuses irrégularités, la Cour des comptes recommande une révision de la convention qui lie l’État à La Banque agricole.
Par ailleurs, elle appelle les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle, à améliorer le suivi des remboursements et à assurer une gestion plus transparente des ressources issues des cessions de matériel agricole subventionné.

