La Mauritanie accuse le Mali de nouvelles exactions contre ses ressortissants civils près de la frontière. Face à ces incidents, Nouakchott exige des explications et appelle à des enquêtes, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux voisins.
Des accusations graves de Nouakchott
Le gouvernement mauritanien a exprimé sa « profonde inquiétude » après des incidents sécuritaires survenus en territoire malien. Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères affirme avoir identifié cinq victimes, originaires de villages de la wilaya du Hodh el-Gharbi, tuées lors d’une attaque attribuée à l’armée malienne.
Dans la foulée, Nouakchott appelle les autorités de Bamako à « mettre un terme aux exactions répétées » visant ses ressortissants depuis plusieurs années, et réclame l’ouverture d’enquêtes crédibles. Les populations vivant près de la frontière sont, par ailleurs, invitées à faire preuve de la plus grande vigilance.
Des versions divergentes
Pour l’heure, les autorités du Mali n’ont publié aucune réaction officielle. Cependant, selon des sources locales, les Forces armées maliennes auraient arrêté puis exécuté les victimes près de Yélimané, à une soixantaine de kilomètres de la frontière.
À l’inverse, une source militaire malienne affirme que les forces ont mené une opération anti-jihadiste dans la zone et indique qu’elles ont « neutralisé des terroristes », sans toutefois confirmer l’identité des victimes.
Une tension qui s’enracine
Ce nouvel épisode intervient dans un climat déjà tendu entre les deux pays. La Mauritanie accuse régulièrement le Mali, ainsi que ses alliés russes, de cibler des civils mauritaniens en les assimilant à des combattants jihadistes.
En début de semaine, Nouakchott avait déjà dénoncé la mort de deux bergers mauritaniens, tués le 20 mars. Par ailleurs, une patrouille malienne a récemment pénétré dans des villages frontaliers où la délimitation reste floue, exigeant sans succès le retrait du drapeau mauritanien d’une école.
Un appel à l’apaisement
Dans ce contexte préoccupant, la montée des tensions inquiète les observateurs régionaux. Plusieurs voix appellent à un dialogue urgent entre Nouakchott et Bamako afin d’éviter une escalade.
Comme le souligne un diplomate de la sous-région, seule une concertation approfondie entre les deux parties permettra de désamorcer durablement la crise et de prévenir de nouveaux incidents à la frontière.
