Confrontés à une forte baisse des cours mondiaux du cacao, les pays producteurs réunis au sein de l’ICCO cherchent activement des solutions. Entre recul de la demande, stratégies industrielles et nouvelles pistes de marché, ils tentent de limiter l’impact économique de cette crise.
Une chute brutale des prix sur le marché mondial
Les pays producteurs de cacao tirent la sonnette d’alarme. En effet, les cours mondiaux ont fortement chuté, passant de 11 000 dollars la tonne à environ 2 900 dollars. Cette baisse rapide fragilise les économies dépendantes de cette matière première.
Dans ce contexte, les membres du collège des producteurs de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) prévoient de se réunir la semaine prochaine. Lors de cette rencontre, ils tenteront d’élaborer une stratégie commune pour faire face à cette situation préoccupante.
Un recul de la demande pointé du doigt
Selon les responsables de l’ICCO, cette chute s’explique en partie par une diminution de la demande des industriels. Après une période prolongée de prix élevés, les grandes entreprises du secteur ont ajusté leurs pratiques.
Ainsi, comme l’explique Michel Arrion, directeur exécutif de l’ICCO, les grandes sociétés de broyage et les marques de chocolat ont adopté de nouvelles stratégies. Notamment, elles ont réduit la teneur en cacao dans leurs produits afin de limiter les coûts. Par conséquent, cette adaptation a contribué à faire baisser la demande globale.
Des répercussions immédiates pour les producteurs
Cette tendance mondiale se répercute directement sur les revenus des producteurs. Après avoir atteint un prix record de 2 800 francs CFA le kilo lors de la campagne principale, le cacao connaît une nette dépréciation.
Début mars, les autorités ont ainsi fixé le prix bord champ de la campagne intermédiaire à 1 200 francs CFA le kilo. Cette décision entérine une baisse de près de 60 %, illustrant l’ampleur du choc pour les producteurs.
Des pistes de solutions à l’étude
Face à cette situation, les pays producteurs cherchent des alternatives. Lors de leur prochaine réunion en visioconférence, ils examineront plusieurs options.
D’une part, ils envisagent d’encourager la transformation locale du cacao. En développant des industries sur place, les pays espèrent capter davantage de valeur ajoutée.
D’autre part, ils souhaitent conquérir de nouveaux marchés, notamment dans les pays émergents. Cette stratégie vise à réduire la dépendance vis-à-vis des marchés traditionnels.
La concurrence des substituts et l’ouverture à de nouveaux partenaires
Par ailleurs, certains responsables s’inquiètent d’une évolution plus structurelle. Aly Touré, porte-parole du collège des producteurs, alerte sur la montée des produits de substitution, notamment le chocolat fabriqué sans cacao.
Dans ce contexte, il appelle à accélérer la conquête de marchés comme la Chine ou la Russie. En parallèle, l’ICCO envisage d’élargir son organisation à de nouveaux membres, notamment des pays consommateurs tels que la Turquie, le Pakistan et l’Inde.
Une mobilisation urgente pour stabiliser le secteur
Au final, les pays producteurs tentent de reprendre la main face à un marché de plus en plus instable. Entre adaptation stratégique et diversification des débouchés, ils cherchent à limiter les effets d’une volatilité qui menace durablement la filière cacao.

