Le Sénégal traverse une séquence institutionnelle inédite marquée par l’absence simultanée de plusieurs des principales figures de l’exécutif et du pouvoir législatif. En quelques jours, le pays s’est retrouvé sans Premier ministre, sans gouvernement en fonction et sans président de l’Assemblée nationale.
Selon les informations rapportées par Xalimasn, le président Bassirou Diomaye Faye a d’abord mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans la foulée, le gouvernement a été dissous, entraînant automatiquement la cessation des fonctions des ministres et secrétaires d’État.
Quelques heures plus tard, une nouvelle évolution est intervenue au niveau du pouvoir législatif avec la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal.
Dans une déclaration adressée à la Nation, El Malick Ndiaye a expliqué avoir pris cette décision après « une profonde réflexion », invoquant « l’intérêt supérieur de la Nation », « le sens de l’État » et « le devoir républicain ».
Cette situation intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la réorganisation du pouvoir et des rapports entre les institutions. Plusieurs analystes avaient déjà évoqué, ces dernières semaines, une phase de recomposition institutionnelle. Le 11 mai 2026, Lansana Gagny Sakho décrivait une période de redéfinition du fonctionnement démocratique sénégalais, en soulignant le caractère très centralisé du pouvoir exécutif depuis 1963.
De son côté, Maurice Soudieck Dione estimait, le 23 mai 2026, qu’une autre répartition des rôles entre Ousmane Sonko et les institutions aurait pu éviter les tensions avec Bassirou Diomaye Faye.
Malgré ce vide institutionnel temporaire, les institutions continuent de fonctionner conformément à la Constitution. Le chef de l’État conserve en effet les prérogatives nécessaires pour nommer un nouveau Premier ministre, former un nouveau gouvernement et accompagner la réorganisation des principales institutions du pays.
