Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a vivement rejeté, samedi 27 juin, l’accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sous l’égide des États-Unis. Dans un communiqué, le dirigeant du mouvement chiite pro-iranien a qualifié le texte de « grave erreur », estimant qu’il constitue un « abandon de souveraineté » et qu’il est « nul et non avenu ».

Selon lui, cet accord légitime la poursuite de la présence israélienne sur des territoires libanais et pourrait même ouvrir la voie à leur annexion. Il a également affirmé que seul le protocole d’accord signé le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis, prévoyant la fin des hostilités au Liban, devait servir de référence.

« L’accord-cadre de Washington est humiliant, honteux et représente un abandon de souveraineté », a déclaré Naïm Qassem, dénonçant ce qu’il considère comme une concession inacceptable des autorités libanaises.

Des réactions contrastées à Beyrouth

Dans les rues de Beyrouth, les réactions restent partagées. Ahmad Shamas, interrogé par l’AFP dans le quartier de Hamra, partage l’analyse du Hezbollah et juge l’accord « humiliant et honteux ».

D’autres habitants affichent davantage de prudence. « Je suis neutre sur la question. Je ne pense pas que cet accord mettra fin à l’agression israélienne, mais attendons de voir ce qu’il produira », a déclaré Hussam Beiruiti.

Vendredi, peu après l’annonce de l’accord, des partisans du Hezbollah ont manifesté dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment aux abords du Parlement et sur la route menant à l’aéroport. Des pneus ont été incendiés pour bloquer la circulation, selon l’agence officielle ANI.

Un conflit toujours actif

Le Liban est entré dans le conflit le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé des roquettes contre Israël en soutien à l’Iran, visé par une offensive israélo-américaine.

Israël a répliqué par d’importantes frappes aériennes et une opération terrestre dans le sud du Liban, où ses forces occupent encore plusieurs secteurs.

Si un cessez-le-feu conclu le 17 avril a permis une baisse des violences, les affrontements n’ont jamais totalement cessé. Samedi, l’armée israélienne a annoncé avoir mené une nouvelle frappe contre des « terroristes présumés » dans la région de Nabatiyé, dans le sud du Liban.

Un accord pour restaurer l’autorité de l’État

L’accord-cadre signé à Washington prévoit notamment le désarmement vérifié des groupes armés non étatiques, dont le Hezbollah, ainsi que le transfert progressif du contrôle du sud du Liban à l’armée libanaise à travers des « zones pilotes », afin de permettre le retour des populations civiles.

Le gouvernement israélien affirme toutefois que ses troupes resteront déployées sur le territoire libanais tant que le désarmement du Hezbollah ne sera pas effectif.

Le président libanais Joseph Aoun a présenté cet accord comme « un premier pas » vers le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban, sans occupation ni tutelle étrangère.

De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué une étape « cruciale » pour la désescalade régionale. Elle a insisté sur la nécessité de désarmer les groupes armés non étatiques et de préserver la souveraineté ainsi que l’intégrité territoriale du Liban, tout en réaffirmant le soutien de l’Union européenne aux efforts en faveur d’une paix durable.

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