L’affaire liée au projet d’électrification rurale de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) prend une nouvelle tournure. Après les déclarations de l’entrepreneur espagnol José sur Walf TV et l’ouverture d’une information judiciaire par le Pôle judiciaire financier (PJF), le Collectif Sunu 37 Milliards interpelle à son tour la justice. L’organisation citoyenne réclame notamment une enquête approfondie sur la circulation et l’utilisation des 37 milliards de francs CFA concernés par le dossier, tout en demandant l’audition d’El Hadji Talla Diop.
Le collectif réclame la traçabilité des 37 milliards
Dans un communiqué publié après la sortie médiatique de l’entrepreneur espagnol, le Collectif Sunu 37 Milliards estime que les révélations de José apportent « des éléments qui méritent une attention particulière ».
Selon l’organisation, ces déclarations mettent davantage en évidence les interrogations qui entourent la gestion des fonds destinés au projet d’électrification rurale. Par conséquent, le collectif demande à la justice de retracer avec précision le parcours des 37 milliards de francs CFA et d’identifier les bénéficiaires effectifs des fonds.
Pour les membres de la structure, les intérêts des contribuables sénégalais doivent rester au cœur de la procédure. Ils appellent ainsi les autorités judiciaires à examiner l’ensemble des responsabilités et des mouvements financiers liés au dossier.
Seydou Kane présenté comme « le grand perdant »
Dans son analyse des différents protagonistes, le Collectif Sunu 37 Milliards prend également la défense de l’opérateur économique sénégalais Seydou Kane.
L’organisation estime que, malgré les accusations qui circulent dans cette affaire, Seydou Kane apparaît aujourd’hui comme « le grand perdant ». Le collectif rappelle notamment que l’homme d’affaires aurait pris en charge plusieurs dépenses et démarches liées au contrat.
Il aurait notamment assuré « l’enregistrement du contrat avec exonération au Centre des grandes entreprises », payé la redevance à l’ARCOP et pris en charge les honoraires des experts.
Par ailleurs, le collectif souligne que l’entrepreneur espagnol José aurait reconnu ne lui avoir versé aucune somme en contrepartie du travail effectué. Pour l’organisation, cet élément mérite donc une attention particulière de la part des enquêteurs.
La « fausse quittance » au cœur des interrogations
Le collectif concentre surtout ses critiques sur une quittance utilisée dans le cadre de la procédure.
Selon ses membres, les déclarations de l’entrepreneur espagnol soulèvent des interrogations sur l’authenticité et les conditions de vérification de cette pièce. Le collectif affirme qu’il ne s’agirait pas de l’original, mais d’une copie de quittance.
Plus encore, l’organisation soutient que les services fiscaux de Dakar Liberté auraient vérifié le document, plutôt que le service des Grandes Entreprises, pourtant compétent selon la procédure évoquée par le collectif.
Face à cette situation, les membres de Sunu 37 Milliards s’interrogent sur les raisons pour lesquelles cette pièce occupe une place aussi importante dans les accusations, alors que Seydou Kane aurait, selon eux, régulièrement effectué les autres démarches administratives et financières liées au contrat.
El Hadji Talla Diop dans le viseur du collectif
Dans la foulée, le Collectif Sunu 37 Milliards demande à la justice d’examiner le rôle d’El Hadji Talla Diop dans cette affaire.
L’organisation estime que « la responsabilité de M. El Hadji Talla Diop, dont le nom revient assez souvent dans le dossier, doit être examinée par la justice ».
Elle demande ainsi au Pôle judiciaire financier de convoquer l’intéressé afin qu’il puisse s’expliquer sur les accusations et les éléments qui le concernent.
Cette demande intervient alors que le PJF a déjà ouvert une information judiciaire sur le dossier. Le collectif souhaite donc que les investigations couvrent l’ensemble des protagonistes et ne laissent aucune zone d’ombre.
Le collectif veut se constituer partie civile
Enfin, le Collectif Sunu 37 Milliards dit saluer le travail engagé par le Pôle judiciaire financier. Il annonce toutefois son intention de se constituer partie civile dans le cadre des procédures prévues par la loi.
À travers cette démarche, l’organisation entend défendre les intérêts des contribuables sénégalais et contribuer à l’établissement de la vérité sur la gestion des 37 milliards de francs CFA.
Désormais, l’enjeu pour la justice consiste notamment à retracer le circuit des fonds, à vérifier les différentes pièces versées au dossier et à déterminer les responsabilités éventuelles de chacun des protagonistes. À ce stade, les personnes citées bénéficient de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision de justice définitive n’a établi leur responsabilité.

