La mort de l’opposant zambien Mutotwe Kafwaya suscite une vive émotion et de nombreuses interrogations en Zambie. Porté disparu depuis une opération des forces de sécurité menée à Lusaka, le député de 49 ans a finalement été déclaré mort par le chef de la police. Sa famille et plusieurs responsables de l’opposition réclament désormais des explications sur les circonstances de son décès.
Une famille sans nouvelles depuis plusieurs jours
L’épouse de Mutotwe Kafwaya avait lancé un appel aux autorités pour retrouver son mari. Dans une vidéo publiée quelques jours plus tôt sur Facebook, elle expliquait que la disparition du député affectait profondément ses enfants, sa famille et ses proches.
Depuis le vendredi 14 août, ses enfants n’avaient plus reçu de nouvelles de leur père. Ce jour-là, plusieurs services de sécurité zambiens ont mené une opération dans le quartier de Kabulonga, à Lusaka, officiellement dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de trafic d’armes.
Les forces de sécurité ont conduit l’opération au lendemain du scrutin, dans l’une des résidences de Brian Mundubile, une figure de l’opposition. Onze personnes ont été arrêtées au cours de cette intervention.
Plusieurs jours d’incertitude autour du député
Après les arrestations, les proches des personnes interpellées ont cherché à connaître leur sort. La famille de Mutotwe Kafwaya s’est notamment inquiétée de son absence.
Dans un premier temps, un responsable de l’opposition avait affirmé que le député se trouvait à l’hôpital. La police avait alors démenti cette information, renforçant les interrogations autour de sa disparition.
Face au silence des autorités, la Commission zambienne des droits humains est intervenue. Mercredi 19 août, elle a demandé aux autorités de faire toute la lumière sur la situation du député de 49 ans et sur celle des autres personnes arrêtées.
La police confirme finalement sa mort
Après plusieurs jours d’incertitude, le chef de la police zambienne a finalement confirmé, tard dans la soirée, la mort de Mutotwe Kafwaya. Selon les autorités, l’ancien ministre est décédé après avoir reçu des balles.
L’annonce a provoqué une onde de choc au sein de l’opposition. Plusieurs figures politiques ont exprimé leur tristesse, mais aussi leur colère et leurs inquiétudes face aux circonstances de cette mort.
Cette affaire intervient alors que la Zambie reste peu habituée à ce type de violences politiques. De son côté, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait déjà appelé les autorités zambiennes à mettre fin aux « arrestations arbitraires » visant des opposants, avant même l’annonce officielle du décès de Mutotwe Kafwaya.
Un ancien ministre devenu figure de l’opposition
Mutotwe Kafwaya, âgé de 49 ans, avait occupé des fonctions ministérielles sous le régime du Front patriotique entre 2016 et 2021, sous la présidence d’Edgar Lungu.
Après l’alternance politique de 2021, il avait rejoint les rangs de l’opposition. Il avait alors exercé comme député pendant le premier mandat du président Hakainde Hichilema, dirigeant du Parti uni pour le développement national (UPND).
Son décès intervient donc dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par les tensions entre le pouvoir et l’opposition.
Des réponses désormais attendues
Alors que la famille de Mutotwe Kafwaya pleure sa disparition, les circonstances exactes de sa mort restent au centre des interrogations. Les proches du défunt, les responsables de l’opposition et les organisations de défense des droits humains attendent désormais des autorités des explications précises sur le déroulement de l’opération de Kabulonga et sur les circonstances dans lesquelles le député a été tué.
La pression devrait ainsi s’accentuer sur les autorités zambiennes afin qu’une enquête transparente permette d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur cette affaire.

