Face à la montée des opérations de blanchiment de capitaux en Côte d’Ivoire, le procureur du pôle pénal économique et financier, Jean-Claude Aboya, a lancé un avertissement ferme aux auteurs de ces infractions. Lors d’une conférence de presse tenue le 10 juin 2026, il a souligné l’ampleur croissante du phénomène et réaffirmé la détermination des autorités judiciaires à renforcer la répression.

Le secteur immobilier particulièrement ciblé

Le blanchiment de capitaux gagne du terrain en Côte d’Ivoire, selon le procureur financier Jean-Claude Aboya. Lors de sa conférence de presse, il a indiqué que ses services enregistrent au moins un signalement par jour lié à cette infraction.

Le magistrat a notamment attiré l’attention sur le secteur immobilier, qu’il considère comme le principal canal de réinvestissement des fonds issus d’activités illicites. Selon lui, plusieurs études menées par les autorités compétentes révèlent que ce secteur offre les conditions les plus favorables pour dissimuler rapidement l’origine illégale de capitaux.

« Le résultat de ces études pointe le secteur de l’immobilier comme le secteur permettant de blanchir le plus vite ou le plus rapidement les fonds d’origines illicites », a-t-il déclaré.

Des affaires récentes qui illustrent la fermeté de la justice

Par ailleurs, plusieurs dossiers médiatisés témoignent du renforcement de la lutte contre ce phénomène. La semaine dernière, la justice ivoirienne a condamné l’artiste Apoutchou National à trois ans de prison pour blanchiment de capitaux.

L’enquête avait été déclenchée après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle l’artiste exhibait d’importantes sommes d’argent en billets de banque.

Dans le même élan, les autorités judiciaires ont récemment engagé des poursuites contre un pasteur influent, connu pour posséder un important parc de véhicules de luxe. Cette affaire s’inscrit dans la volonté affichée des magistrats de contrôler l’origine des patrimoines jugés disproportionnés par rapport aux revenus déclarés.

Un enjeu majeur pour sortir de la liste grise du Gafi

Cette offensive judiciaire intervient dans un contexte particulier pour la Côte d’Ivoire. Il y a deux ans, le Groupe d’action financière (Gafi), organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a placé le pays sur sa liste grise des États faisant l’objet d’une surveillance renforcée.

Dès lors, les autorités ivoiriennes ont multiplié les réformes et les actions de contrôle afin d’améliorer leur dispositif de lutte contre les flux financiers illicites et de restaurer la confiance des partenaires internationaux.

Une surveillance renforcée, notamment sur le numérique

Enfin, le procureur Jean-Claude Aboya a insisté sur la vigilance accrue de ses services, notamment dans le cadre de la veille numérique. Il a réaffirmé la détermination du parquet financier à poursuivre tous les auteurs présumés de blanchiment de capitaux et à préserver les efforts engagés par l’État.

« Le parquet financier ne laissera personne saborder, de quelque manière que ce soit, l’effort collectif, déployé sans relâche depuis octobre 2024, pour replacer la Côte d’Ivoire dans le concert des nations sûres », a-t-il averti.

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