Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les autorités sanitaires ne parviennent toujours pas à maîtriser la propagation du virus. Avec 5 375 cas confirmés et 2 557 décès, l’épidémie a déjà franchi la barre des 2 500 morts et constitue désormais la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.

Une épidémie qui continue de s’étendre

Ce dimanche marque le 100e jour depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en RDC. Pourtant, la situation reste particulièrement préoccupante. Le virus progresse rapidement et, selon Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), la réponse sanitaire peine encore à contenir sa propagation.

Depuis le 15 mai, date à laquelle les autorités ont officiellement déclaré l’épidémie, le nombre de territoires touchés a fortement augmenté. Alors que le virus ne concernait initialement qu’une province et deux zones de santé, il sévit désormais dans six provinces et près de 55 zones de santé.

« L’extension de l’épidémie est un problème », souligne Jean Kaseya, qui alerte sur la vitesse de propagation du virus.

Cette progression s’explique notamment par la nature de la souche actuellement en circulation. En effet, la RDC avait davantage d’expérience avec la souche Zaïre d’Ebola. Or, l’actuelle épidémie est liée à la souche Bundibugyo, ce qui a compliqué la détection et la prise en charge des premiers cas. Par conséquent, les autorités sanitaires ont identifié l’épidémie plus tardivement, laissant davantage de temps au virus pour se propager.

Près d’un milliard de dollars promis

Face à l’ampleur de la crise, la communauté internationale a toutefois mobilisé des ressources financières importantes. Selon Jean Kaseya, les partenaires internationaux ont promis environ un milliard de dollars pour soutenir la riposte.

À ce jour, Africa CDC affirme avoir recensé près de 700 millions de dollars effectivement mis à disposition par les partenaires. Ces fonds doivent notamment permettre de renforcer les opérations sur le terrain et de soutenir les organisations engagées dans la lutte contre le virus, notamment les ONG.

Cependant, Jean Kaseya estime que le gouvernement congolais doit assurer une meilleure coordination de ces financements. Il appelle ainsi les autorités à réunir les différents partenaires afin de déterminer précisément l’utilisation des ressources disponibles.

« Un gouvernement ne se plaint pas, un gouvernement agit », insiste le responsable d’Africa CDC, appelant Kinshasa à prendre pleinement ses responsabilités dans la gestion de la riposte.

L’OMS appelle à renforcer la mobilisation

Enfin, les autorités congolaises et Africa CDC ne mènent pas seules la lutte contre Ebola. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) participe également à la riposte aux côtés des acteurs nationaux et internationaux.

De son côté, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé le 22 août, sur le réseau social X, l’ensemble des acteurs à intensifier leurs efforts pour mettre fin à l’épidémie.

Après 100 jours de propagation, le constat reste donc alarmant. Malgré les moyens financiers mobilisés et la mobilisation des organisations sanitaires, Ebola continue de gagner du terrain en RDC. Les autorités doivent désormais accélérer la riposte pour inverser la tendance et éviter que le bilan humain ne s’alourdisse davantage.

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