Dans un rapport publié ce lundi 19 octobre 2026, Human Rights Watch (HRW) accuse le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda, d’avoir exécuté des soldats maliens capturés en juillet dans la région de Gao. L’organisation dénonce également des opérations de l’armée malienne et de ses partenaires russes de l’Africa Corps, qui auraient tué et blessé plusieurs dizaines de civils.

Des soldats maliens exécutés après une attaque

Le 18 juillet dernier, des combattants du Jnim et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont attaqué un convoi militaire parti d’Anefis en direction de Gao. L’attaque a fait une cinquantaine de morts parmi les soldats maliens, selon HRW.

Au moins 19 militaires auraient été torturés puis exécutés après leur capture, alors qu’ils s’étaient rendus. Le FLA avait auparavant nié toute exécution de prisonniers par ses combattants. Des sources contactées par RFI avaient alors mis en cause les jihadistes.

Le Jnim reconnaît les exécutions sans sanctionner les responsables

Interrogé par HRW, le comité chariatique du Jnim a confirmé que les exécutions avaient bien eu lieu et qu’elles impliquaient ses combattants. Le groupe affirme toutefois ne pas avoir donné l’ordre de tuer les prisonniers et assure que ces actes ne correspondent pas à sa politique.

Cependant, ses responsables ont reconnu ne pas avoir jugé nécessaire de sanctionner les auteurs. Pour HRW, ces déclarations soulèvent des questions sur la responsabilité du groupe dans les exactions commises par ses membres.

HRW dénonce également des victimes civiles

Dans le même rapport, l’organisation accuse l’armée malienne et l’Africa Corps russe d’avoir tué et blessé plusieurs dizaines de civils lors de récentes opérations militaires. Ces faits présumés s’ajoutent aux violences qui continuent de frapper les populations maliennes.

HRW a également recueilli les témoignages de proches des soldats exécutés à Tabrichat. Selon l’ONG, à la mi-septembre, l’armée malienne n’avait toujours pas contacté les familles des militaires tués ou portés disparus pour les informer de leur sort ou leur apporter un soutien.

Ce rapport met en lumière les exactions attribuées aux différents acteurs armés au Mali et les difficultés persistantes à établir les responsabilités et à protéger les populations civiles.

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