L’École nationale des arts et métiers de la culture (ENAMC) engage une réforme de grande ampleur pour moderniser la formation de ses enseignants. L’établissement veut aligner ses cursus sur le système Licence-Master-Doctorat (LMD) et renforcer la reconnaissance académique et professionnelle de ses diplômés. Cette orientation a été au cœur d’une réunion de concertation réunissant la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF), les ministères de la Fonction publique, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, ainsi que les partenaires sociaux.

Une formation portée au niveau master

Le directeur général de l’ENAMC, Cheikh Aboubekr Thiam, a expliqué que la réforme prévoit de faire évoluer la formation actuelle, de niveau Bac+4, vers un cursus Bac+5. L’objectif est de permettre aux futurs enseignants d’obtenir un diplôme de master et d’intégrer directement la hiérarchie A de la Fonction publique dès leur sortie de l’école. « L’idée est de nous conformer au système LMD, avec une licence, un master et des perspectives d’accès au doctorat. Nous travaillons également à la révision des curricula et du statut des enseignants, en étroite collaboration avec la FASTEF et les ministères concernés », a déclaré le directeur général.

Mettre fin à un statut jugé hybride

Pour Cheikh Aboubekr Thiam, cette réforme permettra également de corriger les limites du dispositif actuel. Aujourd’hui, les diplômés de l’ENAMC bénéficient d’un statut fondé sur un Bac+3 complété par une année probatoire. Cette configuration, jugée hybride, ne garantit pas une reconnaissance académique et administrative comparable à celle des autres écoles supérieures de formation des enseignants. La réforme vise ainsi à harmoniser le parcours de formation et à améliorer le positionnement professionnel des futurs enseignants spécialisés dans les arts et la culture.

La FASTEF mobilise son expertise

La FASTEF accompagnera l’ENAMC dans cette transformation. Son assesseur, le professeur Mamadou Dramé, a annoncé un appui à la refonte des programmes de formation, à l’allongement des études et au développement de nouvelles coopérations pédagogiques. Les deux établissements comptent mutualiser leurs expertises dans plusieurs domaines, notamment la psychopédagogie, les technologies éducatives et le micro-enseignement. La FASTEF prévoit également d’accompagner les enseignants de l’ENAMC souhaitant poursuivre des études de master et de doctorat afin de renforcer durablement les compétences académiques du corps enseignant.

Une modernisation au service de la qualité

À travers cette réforme, l’ENAMC entend adapter son offre de formation aux standards internationaux de l’enseignement supérieur. L’établissement ambitionne aussi de valoriser le métier d’enseignant en arts et culture et d’assurer une meilleure équité de traitement avec les autres écoles supérieures de formation des enseignants du Sénégal. En alignant ses cursus sur le système LMD, l’ENAMC franchit une étape importante dans la modernisation de la formation des enseignants et dans la professionnalisation du secteur des arts et de la culture.

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