Le débat autour de la révision de la Constitution prend une nouvelle dimension avec l’intervention de Babacar Ba. Le président du Forum du Justiciable appelle à une transparence totale sur le processus en cours et exige la publication de l’avis transmis par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à l’Assemblée nationale.

Cette demande intervient au moment où le Parlement s’apprête à examiner la proposition de loi portant révision de la Constitution, après avoir officiellement reçu la position du chef de l’État sur le texte.

Une exigence de transparence

Pour Babacar Ba, il ne suffit pas d’annoncer que l’avis présidentiel a été transmis à l’Assemblée nationale. Le contenu de cet avis doit, selon lui, être porté à la connaissance des citoyens afin de garantir la transparence du processus.

Le président du Forum du Justiciable estime que plusieurs interrogations demeurent sans réponse. Le chef de l’État a-t-il donné un accord sans réserve à la proposition de loi ? A-t-il formulé des observations particulières ? A-t-il suggéré des modifications ou des amendements sur certains points sensibles de la réforme ?

Autant de questions qui, selon lui, méritent des éclaircissements publics compte tenu de l’importance du texte en discussion.

Une réforme qui engage toute la Nation

Au-delà des aspects strictement juridiques, Babacar Ba rappelle que la Constitution constitue le socle de l’organisation politique et institutionnelle du pays. À ce titre, toute modification de la Loi fondamentale dépasse le cadre des seuls acteurs politiques ou parlementaires.

« Une révision constitutionnelle n’est pas un simple acte administratif ou une formalité législative. Elle engage l’avenir institutionnel du pays et concerne l’ensemble des citoyens », soutient-il en substance.

Pour cette raison, il considère que les Sénégalais ont le droit d’être pleinement informés des positions défendues par les différentes institutions impliquées dans le processus, y compris celle du président de la République.

Un débat déjà amorcé lors du dialogue politique

Cette sortie s’inscrit dans la continuité des discussions engagées lors des précédentes concertations nationales sur les réformes institutionnelles.

En avril 2026, Babacar Ba avait déjà attiré l’attention sur la question de la future Cour constitutionnelle, l’une des réformes évoquées lors du dialogue politique. Il avait alors souligné que si le principe de sa création semblait faire consensus, plusieurs questions essentielles restaient encore sans réponse concernant sa composition, ses compétences et les garanties de son indépendance.

Aujourd’hui, avec l’ouverture de la phase parlementaire de la révision constitutionnelle, il estime que les autorités doivent redoubler d’efforts en matière de pédagogie et de communication.

Un enjeu de légitimité démocratique

Pour le Forum du Justiciable, la publication de l’avis présidentiel contribuerait à renforcer la confiance des citoyens dans le processus institutionnel en cours.

Dans un contexte où les réformes constitutionnelles suscitent traditionnellement un fort intérêt politique et citoyen, Babacar Ba considère que la transparence constitue une condition essentielle de la légitimité démocratique.

Alors que la commission parlementaire doit examiner le texte dans les prochains jours avant son passage en séance plénière, l’appel du président du Forum du Justiciable vient relancer le débat sur l’information du public et sur la nécessité d’associer davantage les citoyens aux grandes réformes qui touchent aux fondements de l’État.

La question demeure désormais de savoir si les autorités accepteront de rendre public cet avis présidentiel, devenu un élément central d’un processus constitutionnel particulièrement suivi par l’opinion.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *