Les dirigeants des pays membres de l’Otan se réunissent ce mardi 7 juillet à Ankara, en Turquie, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie. L’augmentation des dépenses militaires, l’avenir de l’engagement américain en Europe, le soutien à Kiev et la situation des libertés en Turquie figurent parmi les principaux dossiers à l’ordre du jour.
Donald Trump met la pression sur les alliés
Le président américain Donald Trump devrait occuper une place centrale lors de ce sommet. Depuis son retour à la Maison Blanche, il demande aux membres européens de l’Alliance d’augmenter davantage leurs dépenses militaires et de partager plus équitablement le coût de la sécurité collective.
Selon Washington, les États-Unis continuent d’assumer une part trop importante de la défense de l’Europe. Donald Trump entend ainsi profiter du sommet d’Ankara pour exposer sa vision de l’avenir de l’engagement américain au sein de l’Otan.
De son côté, le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, souligne que les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs dépenses de défense de plus de 120 milliards de dollars en un an. À l’exception de l’Espagne, la plupart des États membres ont accéléré leurs investissements militaires afin de répondre aux objectifs fixés par l’Organisation.
Washington évoque une transformation de l’Alliance
Parallèlement, l’administration américaine défend une profonde évolution de l’Otan. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, parle désormais d’une « Otan 3.0 », une formule qui alimente les interrogations des capitales européennes.
Cette perspective nourrit les craintes d’un désengagement progressif des États-Unis en Europe. Si Washington réclame depuis longtemps un meilleur partage des responsabilités, plusieurs gouvernements européens redoutent une réduction de la présence militaire américaine sur le continent, alors que la guerre en Ukraine se poursuit et que les tensions avec la Russie demeurent élevées.
L’Ukraine réclame davantage de soutien militaire
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, participera également au sommet afin de plaider en faveur d’un renforcement de l’aide militaire occidentale.
Après les frappes russes qui ont fait au moins 22 morts à Kiev, le chef de l’État ukrainien souhaite obtenir de nouvelles livraisons de munitions destinées aux systèmes de défense antiaérienne Patriot. Il reconnaît que l’armée ukrainienne ne dispose plus d’un nombre suffisant d’intercepteurs pour contrer les missiles balistiques russes.
Au-delà des systèmes Patriot, Kiev espère également obtenir la confirmation d’une aide militaire estimée à 70 milliards d’euros pour 2026, comprenant des équipements, de la formation et une assistance militaire. Le président ukrainien devrait aussi rappeler que son pays continue de défendre, selon lui, la sécurité de l’ensemble de l’espace euro-atlantique tout en réaffirmant son ambition d’intégrer un jour l’Otan.
Une rencontre attendue entre Trump et Zelensky
En marge du sommet, Volodymyr Zelensky devrait rencontrer Donald Trump. Les deux dirigeants devraient notamment évoquer la poursuite de l’aide américaine à l’Ukraine ainsi que les perspectives d’une solution diplomatique au conflit.
Ces échanges interviennent alors que Donald Trump a récemment renouvelé son appel au président russe Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre, sans obtenir de résultat concret.
Ankara sous haute sécurité
À l’occasion de ce sommet, les autorités turques ont renforcé les mesures de sécurité dans la capitale. Les forces de l’ordre ont été massivement déployées autour des sites accueillant les délégations étrangères, tandis que plusieurs axes routiers font l’objet de restrictions.
Ce dispositif vise à garantir le bon déroulement d’une réunion considérée comme l’une des plus importantes de ces dernières années pour l’Alliance atlantique.
Les libertés publiques en Turquie éclipsées par les enjeux géopolitiques
Le sommet se tient également dans un contexte politique tendu en Turquie. Ces derniers jours, les autorités ont procédé à plusieurs arrestations au sein de l’opposition, tandis que certains journalistes ont été empêchés de couvrir l’événement.
Malgré les critiques des organisations de défense des droits humains, les dirigeants occidentaux évitent de faire de cette question un sujet central des discussions afin de préserver leurs relations avec Ankara, partenaire stratégique de l’Alliance.
Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a toutefois rappelé que la démocratie demeure l’une des valeurs fondamentales de l’Organisation.« La démocratie ne se résume pas aux élections. Elle implique aussi que les citoyens puissent organiser des manifestations s’ils le souhaitent », a-t-il déclaré, appelant implicitement au respect des libertés fondamentales.
