Sept hommes ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Tambacounda pour des faits présumés d’actes contre nature, de transmission volontaire du VIH/sida et de mise en danger de la vie d’autrui.
À l’audience, les prévenus ont contesté certaines déclarations faites pendant l’enquête. Leurs avocats ont soulevé des exceptions de nullité et demandé leur acquittement. De son côté, le parquet a requis des peines allant jusqu’à sept ans de prison. Le verdict est attendu le 21 octobre.
Des prévenus reviennent sur leurs déclarations
À la barre, Ababacar Diongue est revenu sur ses déclarations recueillies pendant l’enquête. Il aurait alors reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux autres prévenus.
Devant le tribunal, il a contesté ces propos. Il a expliqué avoir eu peur lors de son interrogatoire par les enquêteurs.
Le parquet a évoqué la présence des familles à l’audience pour expliquer les réticences de certains prévenus à reconnaître les faits qui leur sont reprochés.
Présenté comme le cerveau présumé du groupe, Ibrahima Ba a également contesté les accusations. Il a affirmé avoir découvert sa séropositivité pendant l’enquête. Il a aussi nié avoir eu des rapports sexuels non protégés.
La défense soulève des exceptions de nullité
Les avocats de la défense ont contesté la régularité de la procédure. Ils reprochent aux officiers de police judiciaire (OPJ) d’avoir interrogé leurs clients sans l’assistance d’un avocat, malgré leurs demandes.
Selon la défense, ces demandes n’auraient été ni satisfaites ni mentionnées dans les procès-verbaux d’enquête.
Les conseils ont ainsi demandé l’annulation de la procédure et la remise en liberté de leurs clients. En réponse, le parquet a estimé que les OPJ n’étaient pas responsables de la recherche d’un avocat.
Le tribunal a décidé de joindre ces exceptions de procédure au fond du dossier. Elles seront donc examinées avec les autres éléments de l’affaire.
Le parquet requiert jusqu’à sept ans de prison
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé sept ans de prison contre Ibrahima Babou. Il a également requis cinq ans d’emprisonnement contre cinq autres prévenus.
Pour Salif Diabaye, le parquet a sollicité une relaxe au bénéfice du doute.
L’accusation s’appuie notamment sur les déclarations recueillies auprès des prévenus par les enquêteurs, ainsi que sur les éléments médicaux versés au dossier.
Les avocats réclament l’acquittement
La défense a contesté la valeur des déclarations recueillies pendant l’enquête. Les avocats estiment que ces propos ne peuvent être retenus sans examen des conditions dans lesquelles ils ont été obtenus, notamment en l’absence d’avocats.
Ils ont donc demandé l’acquittement de leurs clients.
Le tribunal rendra sa décision le 21 octobre. Dans l’attente du verdict, les prévenus bénéficient de la présomption d’innocence.
