Le président américain Donald Trump a appelé Israël et l’Iran à mettre fin sans délai aux attaques réciproques qui ont repris après deux mois de trêve fragile. Cette nouvelle flambée de violence ravive les tensions au Moyen-Orient, fragilise les efforts diplomatiques et secoue les marchés mondiaux.
Donald Trump hausse le ton face à l’escalade
Donald Trump a exhorté lundi Israël et l’Iran à interrompre immédiatement leurs frappes mutuelles. Le président américain est intervenu après la reprise des attaques directes entre les deux puissances régionales, une première depuis le cessez-le-feu instauré il y a deux mois. Depuis dimanche soir, l’Iran a lancé une trentaine de missiles contre Israël, selon une source militaire israélienne. Téhéran affirme répondre à une frappe israélienne menée contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, qui a fait deux morts et une vingtaine de blessés. Les autorités iraniennes présentent ces tirs comme un simple « avertissement », tout en menaçant de passer à une riposte plus large en cas de nouvelles attaques.
Une population de nouveau confrontée à la guerre
Face à cette escalade, Donald Trump a affiché son impatience. Sur son réseau Truth Social, le président américain a demandé aux deux camps de cesser immédiatement les hostilités. Sur le terrain, les populations civiles subissent déjà les conséquences de cette nouvelle crise. À Tel-Aviv, les habitants ont été réveillés par les sirènes d’alerte et les explosions. Les autorités ont fermé les écoles et perturbé plusieurs services de transport. De nombreux Israéliens craignent désormais un conflit prolongé. Certains espèrent une intervention diplomatique rapide de Washington afin d’éviter un nouvel enlisement militaire.
Téhéran sous tension après plusieurs explosions
En Iran, la situation reste tout aussi tendue. Plusieurs explosions ont secoué Téhéran ainsi que les villes de Tabriz et d’Ispahan. Selon les médias iraniens, un drone présenté comme appartenant à « l’ennemi américano-sioniste » a été abattu dans la capitale. Les autorités ont également suspendu les vols dans les principaux aéroports de Téhéran et fermé une partie de l’espace aérien du pays. Par ailleurs, une usine pétrochimique située à Mahshahr a subi des dommages, entraînant l’évacuation de son personnel. Dans les rues de la capitale iranienne, les habitants affichent une profonde lassitude face à un conflit qui pèse lourdement sur l’économie et le moral de la population.
Les négociations diplomatiques menacées
Cette reprise des hostilités complique davantage les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois. La diplomatie iranienne reconnaît que cette nouvelle escalade affectera les discussions en cours avec les États-Unis, même si les échanges indirects se poursuivent par l’intermédiaire du Pakistan. Donald Trump a lui-même regretté le ralentissement du processus diplomatique, estimant que certaines décisions prises par les acteurs du conflit freinent la recherche d’une solution durable. De son côté, l’Union européenne a appelé à éviter toute nouvelle escalade militaire. La Chine a également exprimé sa profonde préoccupation face à l’évolution de la situation.
Les marchés réagissent à la montée des tensions
L’impact du conflit se fait déjà sentir sur les marchés internationaux. Les cours du pétrole poursuivent leur hausse, alimentés par les inquiétudes concernant la sécurité du détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Vers 09h00 GMT, le baril de Brent gagnait près de 5 %, atteignant 97,65 dollars. Dans le même temps, les principales places boursières mondiales évoluaient en baisse, les investisseurs redoutant une aggravation de l’instabilité régionale.
Un accord de paix toujours hors de portée
Au-delà des affrontements actuels, plusieurs dossiers continuent d’empoisonner les relations entre les différentes parties. Le contrôle du détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien, le stock d’uranium enrichi de Téhéran ainsi que la question des avoirs iraniens gelés demeurent au cœur des divergences. À ces différends s’ajoutent les tensions persistantes au Liban et les actions des groupes alliés de l’Iran, notamment les rebelles houthis du Yémen, qui ont revendiqué une nouvelle attaque contre Israël. Dans ce contexte, les perspectives d’un règlement rapide du conflit semblent s’éloigner davantage, malgré les appels pressants de la communauté internationale à la désescalade.
