Une filière présumée de fraude à la nationalité sénégalaise

Quatre personnes ont été déférées au parquet de Ziguinchor pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention indue de documents administratifs.

Selon les révélations du journal Libération, les mis en cause sont M. Amarh, alias « Moussa Bassène », O. Bassène, F. Coly alias « Fakéba » et Ch. O. Diouf.

D’après les enquêteurs, ce réseau permettait à des ressortissants étrangers, notamment ghanéens, d’obtenir frauduleusement des documents administratifs sénégalais afin de se prévaloir de la nationalité sénégalaise.

L’antenne de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a procédé au démantèlement de cette filière.

Une enquête déclenchée après une escroquerie de plus de 43 millions de FCFA

L’affaire a débuté à la suite d’une plainte portant sur une escroquerie estimée à plus de 43 millions de francs CFA.

Selon Libération, le principal suspect se présentait comme un homme d’affaires sénégalais répondant au nom de « Moussa Bassène ». Il se disait également directeur de l’entreprise « Amak BTP Properties Sarl », basée à Bignona.

Les investigations ont toutefois révélé qu’il s’agissait en réalité de M. Amarh, un ressortissant ghanéen.

Pour convaincre sa victime et obtenir les fonds sous couvert d’investissements et de frais administratifs fictifs, il aurait bénéficié du soutien d’O. Bassène, président du GIE Kassumay Tefess.

Selon les éléments de l’enquête, ce dernier lui aurait même fourni les données d’état civil de ses propres parents afin de lui créer une identité sénégalaise fictive.

De présumées complicités au sein de la mairie de Bignona

Les investigations de la DNLT ont également mis au jour de possibles complicités administratives.

Toujours selon le quotidien, un agent de la Sonaged, identifié sous les initiales A. B. Badiane, aurait servi d’intermédiaire contre la somme de 50 000 francs CFA.

Son rôle aurait consisté à mettre le ressortissant ghanéen en relation avec F. Coly, officier d’état civil à la mairie de Bignona.

Ce dernier aurait reconnu avoir introduit irrégulièrement un faux acte de naissance dans le registre officiel de l’année 1980 sous le numéro 2059.

Les enquêteurs ont relevé plusieurs anomalies matérielles sur le document incriminé. Selon leurs constatations, le feuillet litigieux présentait des différences évidentes par rapport au reste du registre officiel.

Une fausse identité à l’origine de plusieurs documents officiels

Grâce à cet acte de naissance présumé falsifié, M. Amarh aurait obtenu plusieurs documents administratifs sénégalais.

Parmi eux figurent une carte nationale d’identité, un passeport sénégalais, un permis de conduire ainsi que divers documents liés à des activités commerciales.

Les enquêteurs considèrent ces pièces comme les principaux éléments ayant permis au suspect de se présenter comme un citoyen sénégalais.

Un certificat de résidence de complaisance dans le dossier

Pour compléter le dossier administratif, le réseau aurait également sollicité Ch. O. Diouf, entrepreneur dans le secteur du BTP.

Selon les informations rapportées par Libération, celui-ci aurait délivré un certificat de résidence contenant des informations inexactes.

Il aurait notamment attesté que le ressortissant ghanéen résidait à Bignona depuis sa naissance, sans disposer d’éléments objectifs permettant de confirmer cette affirmation.

Les enquêteurs soulignent également qu’il ne connaissait pas réellement l’intéressé.

Les preuves techniques ont conforté les investigations

La DNLT affirme avoir consolidé son dossier grâce à plusieurs éléments matériels.

L’analyse des transactions financières ainsi que l’exploitation des communications téléphoniques auraient permis d’établir des liens entre les différents protagonistes.

Ces éléments, ajoutés aux irrégularités constatées dans les documents administratifs, ont conduit à l’interpellation puis au déferrement des quatre suspects devant le parquet de Ziguinchor.

L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte du réseau et d’identifier d’éventuelles autres personnes impliquées dans cette affaire de fraude documentaire.

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