Après près de deux ans d’isolement, les populations de Mourdiah et de Nara retrouvent enfin un accès routier. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, ont annoncé la levée du blocus imposé sur cet axe stratégique à l’issue de plusieurs semaines de négociations menées par des représentants locaux.

Les habitants de Mourdiah et de Nara ont célébré, mardi 23 juin, le retour des premiers véhicules en provenance de Bamako. Des scènes de liesse ont accompagné l’arrivée des autocars dans ces localités de la région de Nara, proches de la frontière mauritanienne, après près de deux années de coupure.

Le blocus remontait à juillet 2024, lorsque les combattants du Jnim avaient interdit toute circulation sur cette route en multipliant les attaques contre les véhicules. Cette stratégie avait progressivement isolé les deux villes, compliquant l’approvisionnement en produits de première nécessité et les déplacements des populations.

Des discussions engagées depuis avril

Face à une situation devenue intenable, des élus, d’anciens responsables locaux, des chefs traditionnels et des représentants de la société civile ont entamé des discussions avec les jihadistes dès le mois d’avril. Plus d’une quinzaine de personnalités locales ont participé aux négociations.

« La population était à bout. Il fallait trouver une solution pour mettre fin aux souffrances des habitants », confie une personnalité de la région, soulignant la volonté collective de privilégier le dialogue afin de rétablir la circulation.

Un accord conclu à la mi-juin

Les échanges ont finalement abouti à un accord à la mi-juin. En contrepartie de la levée du blocus, le Jnim a demandé le retour des habitants qui avaient fui leurs villages en raison des opérations de l’armée malienne et a réclamé que les civils puissent vivre sans subir de violences.

Selon les sources locales, les autorités administratives et militaires étaient informées de ces discussions. Elles auraient laissé les négociations se dérouler, estimant qu’elles répondaient à l’intérêt des populations.Les médiateurs ont promis de tout mettre en œuvre pour faire respecter les conditions prévues par cet accord, tandis que les autorités n’ont annoncé aucun engagement officiel.

Cette réouverture marque un soulagement pour les habitants de Mourdiah et de Nara, même si la situation sécuritaire demeure fragile dans cette partie du Mali, où les groupes jihadistes continuent d’exercer une forte influence.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *