Le Conseil municipal valide l’implantation du projet du COSEC

Le Conseil municipal de Djibanar, dans le département de Goudomp, a approuvé l’affectation d’un terrain de 10 hectares destiné à accueillir une plateforme intégrée de stockage et de transformation des produits dérivés de l’anacarde.

Porté par le Conseil sénégalais des chargeurs (COSEC), ce projet ambitionne de renforcer la valorisation locale de la filière anacarde dans cette zone du sud du Sénégal, où la culture du cajou constitue la principale activité économique.

L’annonce a été faite par le maire de la commune, Ibou Diallo Sadio, qui a présenté aux conseillers municipaux les objectifs et les retombées attendues de cette future infrastructure.

Une plateforme intégrée pour soutenir la filière cajou

Selon le maire, le COSEC prévoit la mise en place d’un important dispositif destiné à améliorer les conditions de commercialisation et de transformation de l’anacarde.

« Le COSEC s’engage, dans un futur proche, dans l’implantation d’une plateforme intégrée pour le stockage de l’anacarde, avec l’édification d’entrepôts géants, la construction d’un grand parking réservé aux gros porteurs, l’installation d’un pont-bascule et la mise sur pied d’une usine de transformation des produits dérivés de l’anacarde, surtout de la noix », a-t-il expliqué.

Cette infrastructure devrait permettre de mieux organiser la collecte, le stockage et la transformation des produits issus du cajou, tout en offrant de nouveaux débouchés aux producteurs locaux.

Une réponse aux difficultés de commercialisation

Le projet suscite un réel espoir chez les producteurs du département de Goudomp. En effet, les campagnes de commercialisation de la noix d’anacarde sont souvent marquées par les fluctuations du marché et la dépendance vis-à-vis des opérateurs privés spécialisés dans l’exportation du produit brut.

Avec l’implantation de cette plateforme à Djibanar, les producteurs pourraient bénéficier d’un acheteur de référence installé à proximité de leurs exploitations, réduisant ainsi certaines incertitudes liées à la vente de leur production.

Une mission d’étude en Côte d’Ivoire

Avant la validation du projet, le maire de Djibanar a participé à une mission de benchmarking organisée par le COSEC du 17 au 23 mai dernier en Côte d’Ivoire.

Cette délégation comprenait également des représentants de l’Interprofession du cajou au Sénégal (ICAS). L’objectif était de s’inspirer du modèle ivoirien, considéré comme une référence mondiale dans la production et la transformation de l’anacarde.

La Côte d’Ivoire demeure aujourd’hui le premier producteur mondial de noix d’anacarde avec une production estimée à 1,5 million de tonnes en 2025. Le pays est également le premier transformateur africain et le troisième au niveau mondial.

Des emplois attendus pour les jeunes

À terme, les promoteurs du projet espèrent générer des centaines d’emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes de la commune et du département de Goudomp.

Au-delà de la création d’emplois, cette initiative vise à accroître la valeur ajoutée locale de la filière et à améliorer les revenus de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.

Une filière stratégique pour le Balantacounda

Dans la province du Balantacounda, frontalière de la Guinée-Bissau, l’anacarde occupe une place centrale dans l’économie locale.

Les plantations de cajou couvrent aujourd’hui près des trois quarts des terres de cette zone du département de Goudomp. Cette culture constitue ainsi la principale source de revenus pour une grande partie des populations.

L’implantation de cette plateforme intégrée pourrait donc marquer une étape importante dans la transformation et la modernisation de la filière anacarde au sud du Sénégal.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *