L’ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam, réfute les informations faisant état d’un mandat d’arrêt international émis contre lui. Mis en cause dans une enquête sur la gestion du Parc des technologies numériques (PTN), il affirme n’avoir reçu aucune convocation officielle et dénonce ce qu’il qualifie de « règlement de compte politique ».

Me Moussa Bocar Thiam dit découvrir l’information dans la presse

L’information continue de susciter des réactions. Mardi 16 juin, nos confrères de Seneweb ont annoncé que la commission d’instruction de la Haute Cour de justice avait délivré un mandat d’arrêt international contre l’ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam.

Cependant, l’intéressé conteste fermement cette information. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce mercredi 17 juin, il se dit « étonné » par cette annonce. Il affirme n’avoir reçu aucune convocation de la justice.

« Jusqu’à preuve du contraire, il s’agit d’une fausse information », soutient-il. Il précise n’avoir été contacté ni par téléphone, ni par courrier électronique, ni par la police, ni par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Selon lui, ses trois avocats n’ont également reçu aucune notification.

Une affaire liée à la gestion du PTN

Cette procédure trouve son origine dans la décision prise par l’Assemblée nationale le 27 février 2026. Ce jour-là, les députés ont mis en accusation Me Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice.

Les autorités lui reprochent notamment des attributions présumées de marchés publics sans appel d’offres. Elles évoquent également des décaissements jugés controversés. Selon les accusations portées, le montant global des irrégularités présumées dépasserait deux milliards de francs CFA.

Une promesse de retour restée sans suite

À l’époque, l’ancien ministre avait rapidement réagi sur les réseaux sociaux. Dans une publication Facebook, il avait dénoncé une décision qu’il considérait comme illégale.

Il déclarait alors prendre acte de sa mise en accusation tout en dénonçant une violation flagrante de la Constitution. Dans le même temps, il annonçait son intention de suspendre ses activités professionnelles dans le Golfe afin de rentrer au Sénégal et de se mettre à la disposition de la justice.

Près de quatre mois plus tard, ce retour annoncé ne s’est toutefois pas concrétisé.

L’ancien ministre invoque le non-respect des procédures

Aujourd’hui, Me Moussa Bocar Thiam assure avoir découvert l’existence supposée du mandat d’arrêt international à travers les médias.

Il affirme que plusieurs informations erronées ont déjà circulé à son sujet. Selon lui, certains médias ont précédemment annoncé, à tort, qu’il avait reçu une convocation, un mandat d’amener ou encore un mandat d’arrêt international.

Par ailleurs, l’ancien ministre estime que les procédures légales n’ont pas été respectées. Il rappelle qu’avant l’émission d’un mandat d’arrêt international, plusieurs étapes sont normalement requises, notamment une convocation régulière.

« Je n’ai reçu aucune notification. Le juge ne m’a rien signifié », affirme-t-il.

En outre, l’avocat souligne que sa profession impose une procédure particulière. Selon lui, toute convocation destinée à un avocat doit transiter par le Bâtonnier. Or, il assure que ce dernier n’a reçu aucune correspondance dans ce dossier.

Un « dossier bidon », selon Me Thiam

Face à cette situation, Me Moussa Bocar Thiam maintient sa ligne de défense. Il continue de qualifier le dossier de « bidon » et affirme être victime d’un « règlement de compte politique ».

L’enquête menée par la Haute Cour de justice suit néanmoins son cours. Les autorités judiciaires devront désormais clarifier les informations relatives au mandat d’arrêt international évoqué dans la presse.

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