Le pouvoir russe durcit une nouvelle fois sa politique à l’égard de la société civile. Le ministère de la Justice a classé l’ONG OVD-Info parmi les « organisations extrémistes », interdisant de fait toutes ses activités en Russie. Cette décision prive les prisonniers politiques et les opposants d’un soutien juridique essentiel et expose désormais à des poursuites toute personne liée à l’organisation.

Une interdiction qui paralyse les activités de l’ONG

La Russie franchit une nouvelle étape dans sa répression des organisations indépendantes. Début juin, le ministère russe de la Justice a inscrit l’ONG OVD-Info sur la liste des organisations qualifiées d’« extrémistes », sans fournir d’explication officielle.

Spécialisée dans l’assistance juridique aux prisonniers politiques, aux opposants et à leurs familles, l’organisation se voit désormais contrainte de suspendre l’ensemble de ses activités sur le territoire russe.

Pour son porte-parole, Dimitrii Anisimov, cette décision constitue l’attaque la plus sévère jamais menée contre l’ONG.« C’est le coup le plus dur. La quasi-totalité de notre travail est désormais interdite en Russie », déplore-t-il.

Toute collaboration devient risquée

À la suite de cette décision, OVD-Info a interrompu tous ses programmes en Russie, qu’il s’agisse de l’accompagnement juridique des détenus politiques, de la coopération avec les avocats ou encore du soutien apporté à leurs proches.

Les conséquences vont toutefois bien au-delà de l’organisation elle-même. Toute personne ayant entretenu un lien avec OVD-Info s’expose désormais à des poursuites pénales.

« Les Russes ne peuvent plus nous soutenir, nous contacter, partager nos publications ou même afficher publiquement notre logo », explique Dimitrii Anisimov.

Une décision liée au contexte politique ?

Pour le porte-parole de l’ONG, cette nouvelle offensive traduit les inquiétudes croissantes des autorités russes face à toute forme de contestation.

Selon lui, à l’approche des élections législatives prévues cet automne, le pouvoir cherche avant tout à dissuader les citoyens de s’engager dans des actions de protestation en multipliant les menaces judiciaires.

« Cela montre que les autorités russes ne se sentent pas en position de stabilité. Elles veulent pousser les citoyens à mesurer les risques avant d’agir », estime-t-il.

OVD-Info promet de poursuivre son combat

Contraints de poursuivre leurs activités depuis l’étranger, Dimitrii Anisimov et les membres d’OVD-Info affirment qu’ils continueront à documenter la répression politique et à soutenir les prisonniers politiques russes par d’autres moyens.

Malgré son interdiction en Russie, l’organisation entend poursuivre sa mission de défense des droits humains et de soutien aux victimes de la répression.

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