Après 19 mois de détention, le principal opposant tanzanien, Tundu Lissu, a été condamné, ce 6 novembre 2026, à quatre ans de prison pour « incitation » à la trahison. Poursuivi initialement pour trahison, une infraction passible de la peine de mort, le dirigeant de Chadema peut encore faire appel de cette décision. Son procès, vivement contesté par l’opposition et plusieurs partenaires internationaux, intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en Tanzanie.

La justice tanzanienne a rendu son verdict dans le procès de Tundu Lissu. Après 19 mois de détention, le principal chef de l’opposition a écopé de quatre ans d’emprisonnement pour « incitation » à la trahison, le vendredi 6 novembre 2026.

Âgé de 58 ans, Tundu Lissu dirige Chadema, la principale formation politique d’opposition face au parti CCM, qui gouverne la Tanzanie depuis son indépendance. Les autorités l’ont arrêté en avril 2025, après des déclarations dans lesquelles il avait menacé de « bloquer les élections par la confrontation » si le gouvernement ne réformait pas le système électoral.

Une opposition écartée de la présidentielle de 2025

Les tensions entre Chadema et le pouvoir se sont accentuées à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le parti a finalement été exclu du scrutin après avoir refusé de signer un nouveau code de conduite électorale.

Ses responsables estimaient que ce document ne prenait pas en compte les réformes électorales qu’ils réclamaient.

Dans ce contexte politique tendu, la présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, a remporté l’élection présidentielle avec 98 % des suffrages exprimés.

Une réélection marquée par de violentes contestations

Cependant, la victoire de Samia Suluhu Hassan a déclenché une vague de contestations que les forces de l’ordre ont violemment réprimées.

Face aux accusations de violences, la présidente a mis en place une commission d’enquête. En avril, celle-ci a fait état de 518 morts lors des violences électorales, sans toutefois désigner les responsables.

De leur côté, l’opposition et plusieurs organisations de défense des droits humains avancent un bilan beaucoup plus lourd. Selon leurs estimations, les forces de l’ordre auraient tué environ 2 000 personnes.

Des critiques internationales contre le procès

Le procès de Tundu Lissu a également suscité de vives réactions à l’étranger. Des parlementaires britanniques et européens ont notamment dénoncé une procédure à caractère politique.

Ils ont ainsi contesté les poursuites engagées contre l’opposant et réclamé sa libération immédiate.

Désormais condamné à quatre ans de prison pour « incitation » à la trahison, Tundu Lissu conserve toutefois la possibilité de faire appel. Cette affaire continue de cristalliser les tensions autour de l’état de la démocratie, des libertés politiques et du respect des droits humains en Tanzanie.

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