Le procès de deux hommes poursuivis pour actes contre nature et soupçons de transmission du VIH a provoqué de vives tensions au tribunal de grande instance de Mbour. À l’audience, plusieurs personnalités ont été citées, poussant le parquet à réclamer l’ouverture d’une information judiciaire.

Une enquête née de soupçons de prostitution masculine

Début avril, les enquêteurs de la brigade de recherches de Saly Portudal ont été alertés sur l’existence présumée d’un réseau de prostitution masculine opérant entre Dakar et la Petite-Côte. Les investigations ont rapidement conduit les gendarmes vers B. Thiam, un mannequin de 20 ans. Selon L’Observateur, ce dernier a déclaré fréquenter ce milieu depuis l’âge de 13 ans.

Des éléments compromettants saisis lors de l’arrestation

Le 22 avril, les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation du suspect à son domicile. La perquisition a permis de découvrir plusieurs accessoires féminins, notamment des nuisettes, des perruques, des sous-vêtements et des lubrifiants. Par ailleurs, l’exploitation de son téléphone portable a révélé des vidéos jugées compromettantes par les enquêteurs. Ces éléments ont conduit à l’arrestation d’O. Seck, un agent municipal de 50 ans résidant à Mbour. Les deux hommes ont ensuite été placés sous mandat de dépôt.

Des révélations explosives à l’audience

L’affaire a pris une nouvelle dimension lors de l’audience tenue ce mardi devant le tribunal de grande instance de Mbour. À la barre, B. Thiam a multiplié les déclarations retentissantes. Il a notamment cité plusieurs partenaires présumés dont les numéros auraient déjà été transmis aux enquêteurs durant l’enquête préliminaire. Selon ses affirmations, certaines de ces personnes seraient des figures connues, parmi lesquelles un militant présenté comme défenseur de la cause LGBT, un enseignant sénégalais installé en Guinée, ainsi que des élus locaux et des universitaires.

Le parquet réclame de lourdes peines

Face à la gravité des accusations et aux soupçons liés à une éventuelle transmission du VIH, le procureur a requis dix ans de prison ferme contre O. Seck et cinq ans contre B. Thiam. Le ministère public a également demandé l’ouverture d’une information judiciaire complémentaire afin d’approfondir les investigations concernant les personnes citées durant l’audience. Les enquêteurs devront notamment vérifier d’éventuels faits de corruption de mineur.

Verdict attendu le 19 mai

Après des échanges particulièrement tendus entre les différentes parties, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 19 mai prochain, dans un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions à Mbour et au-delà.

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